Syrie: Les réactions de Khaled Khalifa  | Rosa Yacine Hassen
Syrie: Les réactions de Khaled Khalifa Imprimer
Rosa Yacine Hassen   
Syrie: Les réactions de Khaled Khalifa  | Rosa Yacine HassenQu’en est-il, enfin, de l’écrivain syrien dont le très courageux roman «Eloge de la haine» a suscité un grand intérêt? est un jeune romancier appartenant à un nouveau courant romanesque syrien qui essaie de se frayer un nouveau chemin dans le roman arabe. Avant son «Eloge de la haine», il avait déjà publié deux romans «Le Laboureur du leurre» et «Carnets du nomade». Il a en outre écrit de nombreux scénarios fort remarqués pour la TV et pour le cinéma.
Il pense que le prix, dans sa version anglaise, «se distingue par quelque chose que les Arabes ne connaissent pas généralement, c’est de traiter les textes à pied d’égalité sans prendre en considération le pouvoir que peuvent détenir leurs auteurs. Ce prix, sera donc une honnête reconnaissance de l’émulation entre générations et cela sans aucun calcul idéologique ou politique. Ici, seul le texte est souverain, comme dans une course de chevaux où le propriétaire importe peu, le cheval d’un écuyer pouvant l’emporter sur celui du roi.» Khaled Khalifa poursuit que «Dès sa première session, le prix ambitionne d’asseoir des traditions que les prix arabes ne connaissent pas. Ces prix souvent complaisants vont au plus fort, au plus confirmé, au plus puissant, celui qui n’a pas besoin d’avantage de prix ou d’argent et ignorent de nombreux créateurs qui ont réellement besoin de récompenses. On peut dès lors comprendre tout le bruit suscité par l’instauration de ce prix et les attaques menées par les plus puissants contre lui.» Khaled Khalifa ajoute: «Je suis fermement convaincu que les portes seront désormais grand ouvertes devant les nouveaux écrivains. J’espère que le Booker aidera à conforter la littérature arabe et à la faire connaître dans le monde entier. Le roman arabe a beaucoup à dire à tous les lecteurs du monde.»
Tout cela incita l’auteur à présenter sa candidature au prix: «Mes lecteurs et mes amis les plus proches m’ont encouragé à présenter mon roman pour ce prix parce que l’ «Eloge de la haine» mérite d’avoir sa chance parmi des textes écrits par les maîtres qui nous ont appris l’art du roman, surtout qu’il s’agit d’une concurrence franche et honnête où les titres sont mis au vestiaire. D’autant plus que la victoire d’une œuvre ne porte pas préjudice au renom de ces grands écrivains ; c’est seulement la victoire d’un seul roman sur un seul roman. Ce prix a remis en question des principes désormais éculés d’après lesquels on évaluait les gens. Il ouvrira aux nouvelles générations de grands espoirs les incitant à croire au travail, à se défaire de la paresse et ouvrira au roman arabe une grande fenêtre sur le monde qui lui permettra de mettre en valeur ses nombreux bijoux qui méritent d’être vus par le monde entier.»
Khaled Khalifa, bien que convaincu que le roman a une valeur intrinsèque – surtout quand il est aux prises avec l’éternité et avec l’histoire – et que les prix, les avis des critiques et la célébrité ne sont qu’une valeur ajoutée, n’oubliera jamais le jour où il déjeunait avec une amie, ce mardi 29 décembre. Alors qu’il désespérait de voir son roman retenu pour le prix, il reçut un coup de fil de son ami Sayed Mahmoud qui, ému, l’appelait du Caire pour lui dire que son roman avait été retenu.


Rosa Yacine Hassen de Damas pour An-Nahar, le 09.02.2008
(traduction par Jalel El Gharbi)
(24/02/2008)

mots-clés: