Résidence Royaumont à Alep et manifestations liées au programme Maqams et création | Fondation Royaumont, Maqams et création, Antonia Naim
Résidence Royaumont à Alep et manifestations liées au programme Maqams et création Imprimer
Antonia Naim   

 

Résidence Royaumont à Alep et manifestations liées au programme Maqams et création | Fondation Royaumont, Maqams et création, Antonia Naim

Depuis 1999, la Fondation Royaumont mène un programme de croisement de langages musicaux, à travers son département Musiques orales et improvisées. Elle vient de mettre en place un programme de recherche et de créations, «Maqams et création», qui permet aux musiciens (venus de Syrie, du Tadjikistan, d'Iran, d'Arménie, de l'Andalousie flamenca et de France; et provenant des univers des musiques de tradition orale, des musiques improvisées, du rock, du jazz, et de la composition européenne et post-soviétique) de croiser leurs cultures et leurs expériences musicales lors d’un cycle de trois ans (de 2005 à 2007).
Le «Programme Royaumont «Maqams et création», dont l'enjeu intellectuel et artistique est de réfléchir sur les maqams et les structures de la modalité et de la monodie orientales, tourne autour de trois résidences de création musicale : la première a eu lieu du 26 mars au 5 avril 2005 à Royaumont, la deuxième aura lieu du 12 au 19 mai 2005 à Alep et la dernière du 27 septembre au 7 octobre 2005 à Royaumont.
Deux groupes de musiciens participent à la résidence d’Alep : Mohammed QADRI DALAL, Khaled GERAMANI, Noma OMRAN, Mohammed OSMAN, Fouad MAHER et Ghassem AMMOURI viennent de Syrie ; et Gaguik MOURADIAN, Zad MOULTAKA (franco-libanais), Serge TEYSSOT GAY (français, guitariste du groupe Noir Désir), Francisco de la ROSA (espagnol) guitariste flamenco viennent de France ou d'ailleurs.
Le bassin géoculturel des maqams s’étend de l’Asie Centrale au Maghreb et à l’Andalousie d’un côté, au Moyen Orient, à la Turquie et aux Balkans, de l’autre. Il est largement structuré par une vision commune de la musique comme forme mélodico - rythmique, qui a produit un vaste ensemble de plusieurs centaines d’échelles. les degrés varient, les noms changent, mais une vision commune de l’articulation entre mélodie et rythme demeure. Paradoxalement, et malgré sa richesse, le matériau musical des maqams n’a pas été d’abord considéré au XXe siècle comme une matière musicale du point de vue de la création : Ni par les compositeurs occidentaux, pourtant prompts à puiser leur inspiration au XXè siècle dans les sources orales d’Afrique, du Brésil, du Japon, de l’Inde, de Bali ou de la Chine, ni par les musiciens « orientaux » de l’aire des maqams, qui se sont toujours eux-mêmes considérés plutôt comme transmetteurs de l’héritage que comme auteurs au sens occidental.
C’est pourquoi la Fondation Royaumont a décidé de consacrer un cycle de 2 ans, en 2005 et 2006, à la problématique «Maqams et création», pour contribuer à rompre avec les idées reçues, et apporter la démonstration que le système des maqams peut engendrer des œuvres nouvelles, sans que modernité et héritage ne soient opposés.
Suite à cette résidence, une série de concerts est prévue en France (Fondation Royaumont, Institut du Monde Arabe, Festival d’Enghien les Bains, etc) en Allemagne et en Syrie (Printemps 2006)
Un colloque, préparé par un groupe de travail comprenant musiciens et musicologues aura lieu, également, en phase avec la création, les 7 et 8 octobre 2005 à la Fondation Royaumont. Il posera la question de l’héritage des maqams et celle de la création actuelle à partir des maqams. Participeront notamment à ce colloque Mohammed Qadri Dalal et Fawaz Bakker (Syrie), Daryush Tala’i (Iran), Kudsi Erguner (Turquie), Amine Beyom (Liban), Ross Daly (Grèce), Bijan Chemirani (France / Iran), Christian Poché, Farangis Nurulla (Tadjikistan).
Ce programme est soutenu en Syrie par le Centre Culturel Français de Damas.

Antonia Naim