Home Works V: Forum des pratiques culturelles au Liban | babelmed
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«Education du dedans et du dehors… Ce que nous pouvons enseigner de nos jours»
La crise de l’éducation artistique, grand sujet de controverse, a été largement étudiée au cours de la dernière décennie, en particulier en Europe. Peu soumise au débat, l’éducation artistique au Liban nécessite un examen attentif, et un questionnement qui ne perde pas de vue les spécificités du contexte local. En dépit des nombreux diplômes universitaires d’études artistiques délivrés au Liban, en effet, le fossé s’élargit entre ce qui est enseigné à l’université et ce qui se pratique de fait dans l’art contemporain. Ce dernier s’avère cependant un terrain fécond, où se développent en continu des plates-formes d’enseignement expérimentales et informelles: la ville de Beyrouth est une sphère dans laquelle étudiants, artistes et professionnels se rencontrent et échangent des idées, dans un processus incessant d’éducation au quotidien.
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Les particuliers débattent de l’élaboration d’un nouveau savoir, entre eux et dans leur entourage. Le thème 'In and Out of Education ... What Can We Teach Nowadays' envisage les possibilités de réinventer et de renforcer la situation de «in and out» qui est celle de l’éducation artistique informelle par rapport à Beyrouth. Cette thématique sous-tend aussi une tentative de mettre en place un nouveau programme éducatif, via Ashkal Alwan for Contemporary Arts - The Home Works Academy -, qui utilisera la ville de Beyrouth et ses environs comme campus, comme sujet de recherche, comme plate-forme, pour ensuite la considérer à nouveau comme le chantier d’où germent les idées nouvelles. 'In and Out of Education...' s’interroge sur les moyens de développer une approche empirique dans l’éducation artistique. Cette approche ne se contenterait pas d’offrir un espace stimulant et créatif au sein de la société, mais répondrait également aux questions urgentes qui se posent à la ville, et prendrait pour programme principal son contexte élargi. Dans le cadre de ces discussions, Ashkal Alwan invitera des artistes, des penseurs et des collectifs qui s’occupent de recherche et d’éducation artistiques, pour réfléchir dans une perspective critique sur la question.

«Où sont Beyrouth, Ramallah, Le Caire… par rapport à Saadiyat Island?»

«Saadiayat Cultural District : Le centre culturel vibrant de la célébration de l’art et de l’innovation, et l’âme sur laquelle est construit le tissu entier de l’île. Grâce à son panel d’icônes architecturales, Saadiayat Cultural District alimente l’imagination, favorise l’interaction et permet à des gens issus des formations les plus diverses d’établir ensemble des liens de créativité.» www.saadiyat.ae/en/#cultural
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C’est cette dernière affirmation qui saute aux yeux lorsqu’on parcourt le site web du Saadiayat Cultural District , le nouveau centre culturel des Emirats Arabes Unis, situé à 500 mètres de la côte d’Abu Dhabi. L’île est tout entière conçue pour abriter le Sheikh Zayed National Museum, le Guggenheim Abu Dhabi, le Louvre Abu Dhabi et le Performing Arts Center (Centre d’Arts du Spectacle). La transformation des Emirats Arabes Unis en acteur de premier plan dans l’investissement culturel a donné naissance au Saadiayat Cultural District , ainsi qu’à ses comparses, la Biennale Sharjah, et Art Dubaï. Face au défi que représente ce projet culturel aux proportions surprenantes, nous ressentons le besoin urgent de poser un certain nombre de questions. Par exemple : Quelle relation Saadiyat Island entretient-elle avec des villes comme Beyrouth, Le Caire, ou Ramallah? Comment le Saadiayat Cultural District dialogue-t-il avec les pratiques artistiques de la région ; y trouve-t-il un écho? Quel type d’effet économique ce projet pourrait-il produire au niveau régional et international ? L’impulsion de ces questionnements réside dans la nécessité, pour les artistes et pour les penseurs, de réfléchir à l’avenir des institutions artistiques, à l’économie mondiale, et aux conditions de la production et de la circulation artistiques. Pour débattre de ce sujet, Ashkal Alwan souhaite inviter des agents qui mèneront des recherches sur le projet du Saadiayat Cultural District , et sur ses implications pour le développement de la région.

«Le son et les citoyens»
«Le son et les citoyens» ( Sound and Citizenry ) propose d’étudier la dynamique complexe qui lie la citoyenneté et le son, en prenant pour point de départ le potentiel sonore des personnes qui font de la politique. Cette thématique examine les convergences de l’oral et du démocratique, par exemple la relation entre les slogans et l’activisme, la poésie et la révolution, la musique et la torture. Elle aborde également des sujets comme l’augmentation des fréquences sonores, les politiques de la musique, le silence et l’action, le tremblement et la tension, la colère et les droits. 'Sound and Citizenry' élabore un grand nombre de questionnements, tels que : «Comment le son est-il lié a la citoyenneté?», «Quels bruits font les citoyens ?», ou «Comment le sonore peut-il être utilisé en politique ?». Nous souhaiterions inviter des artistes, des penseurs, des organisateurs, des journalistes et des hommes de spectacle à approfondir notre relation quotidienne au bruit.

«Les Etranges Années»
«Les Etranges Années» ( The Odd Years ) examine les événements des années 60 de deux points de vue. Bien que les années 60 aient vu l’union du rêve et du désenchantement dans le monde entier – les effets de cette «étrange» alliance se faisant encore sentir aujourd’hui, elles ne peuvent être réduites aux protestations globales des étudiants, et nécessitent par conséquent un examen critique plus poussé - pour les années 65, 67, 69, par exemple. Durant Home Works V, Ashkal Alwan invitera un certain nombre d’artistes et de penseurs à produire et à présenter des projets qui tenteront d’évaluer les échos des événements, personnages, ou phénomènes de ces étranges années dans leurs pratiques respectives.
Il ne s’agira pas ici de rendre les années 60 à leur contexte historique, ni d’essayer d’approcher ces étranges années d’un point de vue documentaire ou chronologique. «The Odd Years» feront plutôt appel à des travaux réalisés par des artistes et des penseurs qui chercheront à dévoiler l’infiltration continue de cette décennie dans leurs modes actuels de production épistémique et culturelle.

«Militarisme»
Le militarisme – l’influence de l’armée sur la politique et/ou sa présence au gouvernement dans certains pays- occupe une place éminente dans de nombreux régimes du Moyen-Orient. Les cas de la Syrie, de la Turquie ou d’Israël, peuvent illustrer la façon dont l’institution militaire participe de manière décisive à la vie politique, dans laquelle elle occupe une place centrale. Ces trois régimes sont plus ou moins militarisés; leurs réalités politiques sont diversement touchées par l’intervention de l’armée. En Israël, par exemple, l’élite politique est pour l’essentiel composée d’hommes au passé militaire, comme le montrent la prépondérance et la succession d’anciens généraux aux postes gouvernementaux du pays. En Turquie, l’armée occupe une position solide dans l’activité politique, et défend le régime laïc ; dans ces conditions, il n’est guère étonnant qu’il lui arrive d’intervenir pour renverser un gouvernement élu, si elle a l’impression d’une transgression des fondements de la République d’Atatürk. Quant à la Syrie, l’armée y dispose d’un contrôle total sur le gouvernement, ce qui empêche toute forme de partage du pouvoir. Ashkal Alwan souhaite inviter des penseurs et des artistes à réfléchir au militarisme, et a présenter des travaux qui traitent de cette question, en se basant sur les exemples évoqués précédemment, sans pour autant se limiter exclusivement à ces pays.

(22/12/2009)

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