De Marseille à Beyrouth: soutien et solidarité aux journalistes libanais | babelmed
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Gebrane Tuéni
2005 a été une année noire pour nos confrères au Liban.

* Le 2 juin 2005, Samir Kassir, correspondant de la chaîne de télévision TV5 et éditorialiste au An-Nahar était tué à bord de sa voiture dans un attentat.
* Le 25 septembre 2005 May Chidiac est victime d’un attentat à Jounieh au nord de Beyrouth. May Chidiac présente le journal du soir ainsi qu’une émission politique sur LBC, une chaîne de télévision commerciale considérée proche de l’opposition anti-syrienne. Elle a miraculeusement survécu à ses blessures, mais gardera des séquelles graves.
* Le 12 décembre 2005, Gebrane Tuéni, député et PDG du quotidien An-Nahar est à son tour assassiné dans son véhicule. Lors d’un office à Paris sa fille a déclaré : « Gebran Tuéni a toujours cru et dit qu’il n’y aurait pas de salut pour le Liban et pour la région sans démocratie et liberté d’expression. Il a donc choisi de prendre le risque de la liberté en misant sur sa foi et son espérance, en défendant courageusement les valeurs qu’An-Nahar défend depuis 73 ans. Dans notre région, les risques de la liberté sont immenses et souvent mortels. Gebran les a subis jusqu’au martyre. À Gebran, mon père qui a porté l’étendard de la démocratie, je dis que son credo et son engagement seront les nôtres. »

Si la presse, et surtout des journalistes connus pour leur indépendance d’esprit, leur talent et leur écoute sont visés, c’est parce qu’ils sont les témoins vigilants et redoutés de ce qui se passe dans cette terre meurtrie du Proche-Orient.
Dans les films de séries B, les malfrats éliminent les témoins après leurs forfaits. Ici, comme ce fut le cas en Algérie, on élimine les témoins auparavant. La fin du système de domination des services secrets et de la Syrie laisse sur le carreau des tenants du passé prêts à tout pour préserver leurs intérêts mafieux. Ils s’attaquent à la presse dans une région où les journaux libres sont rares. Craignons el pire si l’on arrête pas le bras des meurtriers.
Robert Ménard de Reporters sans frontières s’est rendu sur place, il a appelé à la mobilisation pour défendre les médias libanais.
Rappelons que les journalistes libanais se sont fortement manifestés pour les otages français en Irak, alors que la presse française se tait et marque bien peu d’intérêt pour les confrères libanais.
À Marseille, nous nous devons de réagir. Le Liban nous est proche et nos liens sont anciens et actuels, économiques et culturels, vivants et vivaces.


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