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  Glob-note: Page 20070731 | babelmed Paris fait son cinéma…
En ce début d’été hésitant, Paris fait son cinéma, dans tous les sens du terme. A peine le 5ème Festival du cinéma de Paris (du 3 au 14 juillet) terminé, ce fut le bouquet final avec la 218ème édition de la fête nationale, grandiose mise en scène présidentielle, la première de l’ère nouvelle promise, organisée dans le souci permanent de la communication à tout prix… Il y avait comme d’habitude des milliers de figurants en uniforme, parmi lesquels, nouveauté, les heureux élus des troupes des 26 autres pays de l’Union européenne… Le bouquet final du traditionnel feu d’artifice richement nourri a duré une demie heure exactement, après que des dizaines de milliers de fans aient acclamés, entre autres chanteurs vedettes, l’iconoclaste Michel Polnareff qui, pour l’occasion, avait endossé une cape tricolore. Il avait, cette fois, sagement recouvert ses fesses d'un pantalon… Glob-note: Page 20070731 | babelmed Le cinéma en fête permanente…
Le cinéma aussi, fait son cinéma… Toute occasion est bonne, quelque soit la saison et la géographie du lieu. Les techniques et astuces de la communication sont universelles. Point de barrières culturelles, ni linguistiques en la matière. Argent public, argent privé, sponsors puissants qui affichent leurs logos un peu partout et vantent leurs produits entre deux films… Ajoutez à cela un bon attaché de presse ayant un large réseau et le tour est joué… Cette recette classique fait un tabac sous tous les cieux. Justement, à Paris, une réunion s’est tenue à en ce début juillet pour réfléchir à l’avenir de ces manifestations dont le nombre dépasse 2500 chaque année… En d’autres termes, plus de 50 festivals de cinéma dûment répertoriés, ont lieu chaque semaine à travers le monde ! On ne sait plus où donner de la tête. La réunion en question avait pour but de réfléchir à cette évolution inflationniste. Les présidents des festivals de Cannes et de Rome étaient présents pour participer à cette table ronde. Il y a effectivement bien besoin de sages réflexions. Il est difficile de naviguer dans cette mer houleuse des festivités cinématographiques… Enfin, restons optimiste et positif ! Mieux, réjouissons nous ! Même si l’on organise ces festivals, la plupart du temps pour faire bonne impression à ses électeurs, quand il s’agit d’un élu, où pour se faire de la publicité à bon compte quand il s’agit de sponsors privés, cela ne facilite-t-il pas finalement, la diffusion des films qui ne trouvent pas toujours de distributeurs parce que l’on les juge difficiles ?


De Rabat à Trenčin (Slovaquie), même combat !
Justement, juste avant l’été, je suis allé pour la première fois à deux de ces festivals qualifiés, à tort, de ‘petits’. D’abord au 13ème Festival international du cinéma d’auteur de Rabat au Maroc, ensuite au « 15th International Artfilm Festival » de Trenčianske Teplice - Trenčin, en Slovaquie. Que du bonheur cinéphilique et quelles rencontres enrichissantes! C’est bien autre chose que Cannes ou Venise. On respire et on s’ouvre davantage aux autres. Réalisateurs, comédiens, journalistes et autres participants, ont le temps et le désir de dialoguer, d’échanger… Notamment à Rabat où les cinéphiles marocains ont découvert et apprécié les films réputés difficiles du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, ce bonheur était bien palpable… Glob-note: Page 20070731 | babelmed De la difficulté de faire du journalisme culturel…
Je devais me rendre par la suite au Festival d’Avignon, comme tous les ans… Avignon où le festivalier amoureux du théâtre et des spectacles vivants, respire le même type de bonheur… Pourtant, je n’y suis pas allé. Depuis plus de vingt ans, c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir été infidèle à cette manifestation exceptionnelle... Cela relève en fait, de la difficulté bien connue de faire du journalisme culturel. Les journaux de nos pays ne sont jamais prêts à défrayer un envoyé spécial pour couvrir le Festival d’Avignon. Les pages culturelles, vous dira tout rédacteur en chef, coûtent trop chères ! En plus, Avignon c’est trop franco-français ! Alors, la seule solution qui reste c’est l’autofinancement. S’intéresser aux activités culturelles et artistiques nécessite-t-il toujours des sacrifices ? C’est naturel, c’est admis… Heureusement que les services de presse des festivals volent souvent au secours des pigistes les plus fidèles, en les invitant à couvrir leur manifestation. Généralement, juste l’hôtel et le petit déjeuner sont pris en charge pour trois ou quatre jours, voire six et c’est déjà beaucoup… Avec les difficultés financières croissantes (inévitables puisqu’il y a de plus en plus de festivals) cette générosité subit une constante érosion. Depuis quelques années, à Avignon également, les critères ont changé; la gestion comme partout ailleurs, s’est ‘modernisée’. Dans ce contexte, difficile ceux qui tiennent les cordons de la bourse ne donnent pas la priorité à la ‘petite presse’, celle des pays où un article sur Avignon ne déplacerait que quelques individus… Je n’ai donc reçu une invitation que pour une seule nuit... Il me semble que, malgré tout, il s’agit vraiment d’une faveur, peut être due à ma fidélité depuis vingt ans. Beaucoup d’autres collègues n’ont droit qu’à l’accréditation… Je pense ne pas trop me tromper dans cette interprétation des faits…
Voilà donc pourquoi j’ai été infidèle à Avignon, cet été…

Sonate d’automne…
La saison est vraiment pourrie. L’automne sévit déjà. Les noms, les meilleurs, tombent. Hier Ingmar Bergman, aujourd’hui Michelangelo Antonioni. Ils s’étaient tous les deux volontairement mis à l’écart de ce monde, depuis déjà un certain temps. Pas seulement à cause de leur grand âge où de leurs maladies. Il y avait aussi une souffrance morale quasi métaphysique chez ces deux auteurs exceptionnels qui nous ont fait aimer le cinéma et nous ont donné ce plaisir intense que l’art cinématographique peut procurer. Chez eux, il s’agissait d’une jouissance qui va au-delà de l’agréable divertissement qu’une bonne histoire bien mise en scène nous assure habituellement. Bergman et Antonioni avaient dans leur art, cet immense plus qui fait toute la différence. Mehmet Basutçu
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