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Dossier. La société civile se mobilise face à la crise climatique Imprimer
CCFD-Terre Solidaire   

//Famille de petits paysans tunisiens. (CGIAR, 18 décembre 2013). Famille de petits paysans tunisiens. (CGIAR, 18 décembre 2013).

Du 7 au 18 novembre 2016, le Maroc accueillera la COP22 à Marrakech. C’est l’occasion de tourner nos regards vers le Maghreb et, au-delà, vers le Sahel et le Proche-Orient, afin de mettre en lumière des acteurs de la société civile luttant pour la justice climatique dans cette région.

Le décalage entre l’espoir suscité par les révolutions arabes et les situations -– extrêmement diverses — que traversent aujourd’hui les pays du Maghreb et du Proche-Orient contribue à véhiculer l’idée d’un échec inévitable des mobilisations citoyennes. Une forme de désillusion, voire de fatalisme, est souvent associée à ce constat. Bien qu’elle se fonde sur des éléments réels qu’on ne peut ignorer, cette vision est incomplète. Elle rend invisible la multitude d’enjeux et la richesse des initiatives citoyennes qui existent dans la région, notamment en matière de justice climatique.

Pourtant, l’urgence est là aussi. Ici comme ailleurs, les peuples font face aux méfaits du modèle actuel, qui repose sur la suprématie de la sphère économique : les accaparements de terres, les mégaprojets imposés sans l’accord des populations, l’industrialisation de l’agriculture et la surexploitation des ressources naturelles par les acteurs économiques mettent en péril le respect des territoires et la survie des populations.

L’urgence est là surtout, car les régions méditerranéenne et sahélienne sont extrêmement vulnérables aux dérèglements climatiques. La multiplication des sécheresses, la désertification et la dégradation des terres, la montée du niveau de la mer et la raréfaction des ressources en eau sont autant de risques auxquels les populations de la région sont d’ores et déjà confrontées.

L’action est donc plus que jamais nécessaire. Le Maroc a précisément appelé la COP22 « COP de l’action », comme si tout commençait à exister aujourd’hui, du fait de la volonté des États et de quelques investisseurs. Pourtant la lutte pour la justice climatique existe déjà : au Maghreb, au Sahel, au Proche-Orient, des citoyens apportent des réponses aux défis posés par les dérèglements climatiques et le modèle de développement qui les ont généré. Ils sont confrontés à des enjeux de grande ampleur et à des acteurs plus puissants qu’eux, mais ils s’organisent, résistent et inventent des solutions, qui doivent être appuyées par des politiques publiques ambitieuses. Les alternatives sont là, et non pas dans les actions qui consistent à « verdir » les activités des responsables de la crise climatique.

Dans ce dossier construit en partenariat avec Orient XXI, le CCFD-Terre solidaire a voulu mettre en valeur les acteurs qui portent ces changements dans la région. En Irak et en Turquie, la campagne "Sauvez le fleuve Tigre", une coalition d’organisations de la société civile, mène une campagne citoyenne de sensibilisation et d’action pour empêcher la construction de barrages menaçant les écosystèmes et les communautés du fleuve Tigre. En Palestine, devant l’occupation israélienne privant les Palestiniens de leurs terres et de leur eau, l’association Adel soutient des agriculteurs et coopératives en développant l’agro-écologie. En Égypte, les paysans sans terre ou propriétaires de petites parcelles s’organisent et s’entraident grâce à l’appui d’Idam, une association de la région de Minya. Dans les oasis du Maghreb, la lutte pour la préservation des semences locales et des écosystèmes se met en place grâce aux associations composant le Réseau associatif de développement durable des oasis. En Tunisie, l’observatoire citoyen créé par l’association Nomad08 recense les mouvements sociaux réclamant un meilleur accès à l’eau, tandis que le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux lutte contre la pollution marine de la baie de Monastir. Au Mali, dans la région de Kidal, l’ONG Azhar accompagne les populations nomades pour consolider la cohésion sociale et s’adapter aux dérèglements climatiques qui ont exacerbé les tensions communautaires.

Si les contextes sont différents, la lutte contre la crise climatique et contre le système global qui en est à l’origine relie les acteurs, du Nord au Sud, entre les Nord et entre les Sud. Des liens se tissent et se renforcent entre un paysan français et un paysan palestinien pratiquant l’agroécologie, entre un opposant à un mégaprojet en Chine et un opposant aux barrages en Irak, entre un manifestant algérien et une militante canadienne se battant tous les deux contre l’extraction du gaz de schiste. Pour le CCFD-Terre solidaire, ces dynamiques locales, nationales et internationales constituent une formidable opportunité de lier les luttes et les propositions pour une réelle transition de nos sociétés.

Aux côtés de nos partenaires et à travers nos actions de plaidoyer pour la souveraineté alimentaire et la justice climatique, nous défendons une approche systémique, qui pose les limites du modèle de développement actuel et qui cherche et promeut des alternatives pour y faire face. C’est le seul moyen de garantir que l’action climatique respecte les populations et leurs droits. C’est le seul moyen d’aboutir à une véritable justice climatique en garantissant la justice sociale.

 


 

CCFD-Terre Solidaire

 

 
 
 
 
 
 
 

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