2015, une tragédie annoncée. Rappel | Mare Nostrum, Triton, HCR, Amnesty international, organisations humanitaires
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Nathalie Galesne   

2015, une tragédie annoncée. Rappel | Mare Nostrum, Triton, HCR, Amnesty international, organisations humanitaires

Le 3 octobre 2013, 366 personnes perdent la vie au large de Lampedusa. Les Italiens s’en émeuvent, quelques semaines plus tard, l’opération de sauvetage Mare Nostrum est adoptée par le gouvernement italien qui en assume entièrement le coût (9 millions d’euros par mois), pendant 12 mois. Largement dénigrée par la droite italienne, ce dispositif est accusé de favoriser, en la sécurisant, la traversée des migrants et le commerce des passeurs. A l’été 2014, l’Italie se désengage, l’Union européenne prend la relève en réduisant le dispositif à l’os en lui octroyant une mission exclusivement sécuritaire.

Ce passage de Mare Nostrum à Triton, dénoncé par les organisations humanitaires - dont le HCR et Amnesty international-, s’est avéré désastreux. Loin d’avoir été freiné, le trafic des migrants a repris avec l’arrivée des beaux jours, et des naufrages de dimension dantesque se sont multipliés : comme le 10 avril et le 20 avril lorsque 400 puis 900 personnes périrent au large de la Libye.

Tragédie annoncée, 2015 pointe déjà comme un pic macabre, largement imputable aux guerres et aux dictatures qui déchirent deux régions, l’Afrique sub-saharienne et le Moyen-Orient. Parmi les réfugiés, qui ont débarqué en Italie et qui ont pu être identifiés, on décompte 25% d’Erythréens, 10% de Nigériens, 9% de Somaliens, 7% de Syriens. Le nombre des victimes est alarmant : sur les 60.000 personnes qui ont essayé de rentrer en Italie de janvier à juin 2015 (chiffre à peu près identique à 2014), environ 2000 personnes ont perdu la vie. Selon l’ONU le nombre des morts en mer serait cinquante fois supérieur à celui enregistré en 2014 pour la même période.

//De Mare Nostrum à Triton, l'U.E. incapable de faire face à la crise humanitaireDe Mare Nostrum à Triton, l'U.E. incapable de faire face à la crise humanitaire

Et alors que l’Europe tergiverse sur la question des quotas, incapable de se doter d’une politique commune, les organisations de la société civile européennes s’engagent sur leurs territoires. L’action de Moas (Migrant offshore aid station) est un exemple parmi d’autres. Cette ONG prend part aux sauvetages en mer à bord de Phoenix, un navire équipé de secouristes et d’opérateurs sanitaires professionnels. Ainsi Moas est en mesure de localiser et d’assister les personnes risquant leur vie en mer. Jusqu’à présent l’embarcation a contribué à sauver 6921 vies.

 


Nathalie Galesne
06/07/2015