Femme: la bataille des droits n’est toujours pas gagnée | Ghania Khelifi, Alya Cherif Chammri, Giovanna Tanzarella, Nadia Chaabane, Radia Bel Haj Zekri, Droits de l’Homme, Sophie Dimitroulias, REF
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Ghania Khelifi   

Femme: la bataille des droits n’est toujours pas gagnée | Ghania Khelifi, Alya Cherif Chammri, Giovanna Tanzarella, Nadia Chaabane, Radia Bel Haj Zekri, Droits de l’Homme, Sophie Dimitroulias, REFDans le tumulte des révolutions arabes, la voix des femmes a souvent dominé celle des hommes pour réclamer liberté et égalité. Lorsque les dictateurs furent renversés, les femmes découvrent un nouvel ennemi, l’islamisme radical comme en Tunisie et en Libye. Il leur faut reprendre alors la lutte pour conserver ou acquérir leurs droits. Les intervenantes à la table ronde organisée par le réseau euromed France (REF) à Lyon le 22 mai en savent quelque chose.

Dans sa présentation de la rencontre Giovanna Tanzarella, présidente du REF, souligne que les « progrès substantiels vers l’émancipation des femmes, vers leur liberté de choix, vers leur autonomie, touchant toutes les catégories sociales et à des degrés divers aussi bien les villes que les campagnes, coexistent cependant avec une actualité qui témoigne de régressions, de regains de violence, de restrictions de libertés qui menacent les femmes.. ».

Cette actualité Nadia Chaabane, députée à l’Assemblée constituante tunisienne la vit au quotidien. Après 50 ans de sécularisation de la société tunisienne, les islamistes veulent imposer un débat sur le retour de la charia » dans la Constitution.

Radia Bel Haj Zekri, militante féministe et ancienne syndicaliste affirme que la violence contre les femmes dans l’espace public est un phénomène post révolution et qui révèle la volonté des islamistes d’exclure les femmes de la reconstruction du pays.

Le harcèlement sexuel dans la rue, les agressions traduisent aussi la stratégie islamiste d’opposer « familialisme » et « féminisme » explique Alya Cherif Chammri référente « genre » du Réseau euro-méditerranéen des Droits de l’Homme.

La religion doit cesser d’être annexée par le politique. Il faut en finir avec la sacralisation des rapports d’inégalité et rappeler aux états leurs engagements internationaux en matière de lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes ». Aicha Ait Mhand, membre fondatrice du «printemps féministe pour la démocratie et l’égalité» considère que le changement dans son pays, le Maroc, même s’il n’a pas pris une forme révolutionnaire, a quand même eu lieu. Les femmes ont réussi à arracher la constitutionnalisation de la parité et de la représentativité reconnaissant que ces deux principes sont des moyens et non une fin, pour arriver à l’égalité.

Chaque réforme, aussi minime soit-elle, est une ouverture pour les associations féminines dans un pays où 47% de la population est rurale. Sophie Dimitroulias, vice-présidente de l’association des femmes de l’Europe méridionale (AFEM) rappelle qu’au Nord de la Méditerranée aussi les crises et la montée des extrémismes qui l’accompagnent touche d’abord les femmes.

Pourtant ce ne sont pas les Etats qui détermineront l’avenir de la région euro-méditerranéenne mais bien les sociétés civiles qui en décideront, en fonction des liens qu’elles auront tissés entre elles.

 

www.euromed-france.org/

 


 

 

Ghania Khelifi

25/05/2013