Nuoro, terre de contrastes | Gavina Ciusa
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Gavina Ciusa   
Un problème lié à la pauvreté et à l’ignorance, que celui des féroces mauvais traitements subis par Gavino Ledda, dans son enfance, et racontés dans son livre Padre padrone (Mi, 1975). Un problème qui touche toutes les classes sociales, un problème vieux comme le monde, auquel la Province de Nuoro prête une attention particulière, en organisant dans la ville l’O8, l’ Ombudsman for Children 8 , l’O8 des Garants des enfants, qui partage les directives de l’ENOC (European Network of Ombudsman for Children, Réseau Européen des Protections de l’Enfance) et de l’Unicef Innocenti Research Centre (IRC), qui l’ont soutenu par des ressources humaines et logistiques. Le premier Meeting international de l’O8, qui s’est tenu sous le parrainage du ministre pour l’Egalité des Chances, s’est déroulé les 25 et 26 juin 2009, avec l’appui de l’Arc Latin, né en 2002 comme espace de coopération politique en Méditerranée.
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Les délégués des Institutions et les Garants de la Protection des Droits de l’Enfance et de l’Adolescence provenant des pays membres du G8, se sont réunis dans la salle du conseil de la Province de Nuoro. Ils ont été accueillis par le président Roberto Deriu, qui a souligné combien il était important d’examiner comment les peurs relatives à la crise économique conditionnent les sujets les plus faibles, de formuler des propositions visant à soulager de tels problèmes, de les porter à l’attention des gouvernants réunis au G8, parce que « nous devons être prêts à faire de la place à une nouvelle réalité plus jeune, dans laquelle les droits des mineurs devront être protégés de manière adéquate ». Le maire de Nuoro, Mario Demuru Zidda, a ajouté que « tel est le défi auquel aucune des Institutions ne peut se soustraire ». « Il faut en particulier, a affirmé le garant des Etats-Unis Jeanne Milstesin, élever notre discussion sur les droits de l’enfance à des niveaux plus élevés. Faire nôtres les paroles d’Obama, et dire que dans ce domaine également, on peut changer les choses, en nous faisant entendre tous ensemble”.

Les participants au meeting ont échangé des informations, ont discuté et étudié les mesures qui pourraient être adoptées pour la protection des mineurs. Des mesures de plus en plus étroitement liées aux grandes questions internationales comme la pauvreté, la malnutrition, l’immigration, la lutte contre le terrorisme, le maintien de la paix, les changements climatiques, la santé. Un pas qui engage Nuoro dans une perspective attentive aux problèmes internationaux. Auxquels s’en ajoutent d’autres, au niveau local.

La société du néant avance à grands pas, cette pauvre société merveilleusement décrite dans la périphérie de Cagliari par Sergio Atzeni, dans Bellas mariposas (1995). La mémoire, base pour l’innovation, se perd dans un tissu social toujours plus conditionné par les médias qui en violentent les règles, les valeurs, la culture. L’identité s’aplatit dans un magma d’ignorance, de désengagement, de bureaucratie. Elle croule, encore plus dégradée par la crise, entre les restrictions des financements et les nécessités des études et des mises à jour fondamentales, également sur le plan économique, destinées à améliorer les conditions de travail et à créer de nouvelles réalités de développement. Et qu’il ne semble pas exagéré de rapprocher deux villes un temps très distantes, comme Cagliari et Nuoro. Maria Giacobbe, auteur de romans et d’essais traduits dans de nombreuses langues, née et ayant grandi à Nuoro, intellectuelle active au niveau international, qui vit et travaille depuis 1959 à Copenhague, observe : « Quand je suis invitée à participer à des conférences et à des débats, les choses que je rencontre à Nuoro sont similaires à celles des autres villes de Sardaigne et d’Italie. Même composition sociale, lecture des mêmes livres, écoute des mêmes émissions à la radio et à la télévision. Je ne trouve plus de différences. Il me reste la Nuoro du souvenir, le quartier de San Pietro où se trouvait ma maison. La maison de Grazia Deledda, achetée par la sœur de ma mère bien avant qu’elle ne devienne un musée. Dans cette maison, j’ai vécu des moments magnifiques, à lire tranquillement, sans qu’on me dérange, entre les oncles et les cousins beaucoup plus âgés que moi ».

Les immigres
Dans la Commune de Nuoro, la population étrangère compte 749 personnes sur un total de 36 443 habitants (ISTAT 31/12/2009). Dans le Nuorais, de nombreux immigrés travaillent dans le secteur agro-pastoral. L’intégration existe, mais il existe également un phénomène d’exploitation de ceux qui exercent les emplois dont les autres ne veulent pas : aides à domicile, maçons, bergers (« servi pastori »). Toute la journée aux champs, avec des horaires de travail improbables et des salaires de misère, parce qu’ils ne connaissent pas leurs droits. Une réalité qui à la réflexion cause également du tort aux travailleurs locaux, dont les droits acquis ne peuvent pas être revendiqués. Certes, les conditions ne sont pas toutes égales, mais les choix sont en grande part dictés par les économies que permet l’emploi d’un non-ressortissant de l’Union européenne. Pas seulement. L’exploitation de la “concurrence” étrangère est liée au rapport entre main d’œuvre et entreprises. Et la libre circulation de la première a amené une émigration d’entrepreneurs qui se délocalisent vers les pays où la main d’œuvre est moins coûteuse, toujours au détriment des droits des travailleurs locaux qui, de toute manière, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que les immigrés. Pour être autorisé à travailler, le demandeur doit être en règle avec les embauches, mais on ne vérifie jamais si le Contrat collectif national de travail est correctement appliqué. Il est clair que si un employeur embauche un jeune Marocain, il ne cherche pas un employé de maison, mais quelqu’un qui puisse travailler à la campagne. Il y a de nombreux saisonniers qui sont embauchés pour un travail qui ne se concentre que sur des secteurs déterminés, tels que l’agriculture, l’élevage et le tourisme. Depuis deux ans désormais, on ne trouve plus d’offres de travail stable. Les indicateurs du chômage sont assez élevés, mais on n’embauche pas de chômeurs sardes ou immigrés déjà présents sur le territoire et disposant de permis de séjour à long terme. On préfère en appeler toujours de nouveaux.

Le point positif, c’est que les Sardes sont tolérants et disponibles, aussi parce que dans la mémoire collective demeure la période durant laquelle nous essaimions en Allemagne et en Amérique. Aux dires des émigrés eux-mêmes, ici, on trouve plus d’humanité, plus de disponibilité que dans d’autres régions. Ils réussissent à s’insérer. Des repas typiques sont organisés. Des amitiés naissent. En général, on ne constate pas de cas de racisme, et fréquemment, on entend des noirs parler en dialecte. Les enfants sont très peu nombreux. Ce sont des enfants nés ici, qui travaillent avec leurs parents, pour la plupart des marchands ambulants sénégalais, qui, avec les Marocains, constituent la communauté la plus nombreuse. Il y a aussi des Roumains, quelques Indiens, des Egyptiens, des Pakistanais. Les Chinois ouvrent des restaurants et des commerces, ils cherchent des emplois salariés, ils sont rarement embauchés par les Italiens et travaillent pour d’autres Chinois; ils sont intégrés mais toujours un peu laissés à l’écart. Les Institutions se montrent elles aussi de plus en plus sensibles à ce phénomène. La Région, sous la présidence Soru, s’était dotée d’un plan triennal de programmation des interventions, et les financements étaient passés de 250 000 euros à environ 1 300 000 euros. A Nuoro, il y a eu des investissements et des financements pour mettre en place et continuer à faire fonctionner les Sportelli Unici , qui fournissent des conseils, aident chacun à connaître ses droits et à effectuer les démarches nécessaires à l’intégration. On donne des cours d’italien. Des interprètes et des assistants sociaux sont chargés par la Commune des relations avec les étrangers. A la Fiera de Cagliari –et dans d’autres manifestations – des stands sont présents, avec les productions de toutes les communautés, y compris les productions artistiques.
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Mais le rêve de trouver un engagement passionnant et intéressant qui vole toujours haut, sans la vénalité que le vrai Sarde dédaigne - parce que, comme l’écrit Antonio Pigliaru, “Le dommage patrimonial ne constitue pas une offense ni un motif suffisant de vendetta” ( La vendetta Barbaricina come ordinamento giuridico ) - s’évanouit devant la faible attention portée au milieu urbain. Des édifices, rues, places qui avaient donné à la ville sa personnalité et en avaient poursuivi l’histoire, on altère l’esprit, avec de lourdes altérations, ignorantes de l’architecture. Il semblerait que seuls soient dignes de protection les quartiers marginaux (illégaux et/ ou rémunérateurs?). Autant de stériles manifestations d’incompétence, que ceux qui devraient y faire obstacle, de tout le poids de leur préparation, instrumentalisent, en exaltant le néant de ces manifestations créatives, et de bien d’autres encore. En quelque sorte en faisant obstacle, à la fin des années soixante, à la poursuite de la croissance harmonieuse de Nuoro et de son tissu social.

Les lieux de culture et de solidarite
Et pourtant, dans la ville, des bibliothèques et des musées intelligents et agréables existent. Notamment, l’un des premiers, la fameuse Bibliothèque “Sebastiano Satta”, en activité depuis décembre 1945. Chef de file du Consortium pour la lecture publique, elle dispose d’un fonds de plus de 150 000 volumes, 200 abonnements à des périodiques, 500 banques de données sur CD-Rom, 1 000 cassettes audio, 5 000 cassettes vidéos, 800 CD audio, 2 000 disques vinyles. Et elle propose un grand nombre de services aux particuliers, aux bibliothèques, aux institutions, aux écoles, aux associations. Ensuite, la Bibliothèque de l’ISRE, Institut Supérieur Régional d’Ethnographie, inaugurée en 2006, spécialisée, est tournée vers les sciences humaines, en particulier démo-ethno-anthropologiques, avec des approfondissements sur l’anthropologie visuelle, sur la muséographie et la muséologie. Elle est attentive à la Sardaigne, avec une vaste section d’œuvres rares, de valeur. Elle encourage l’étude de la vie dans l’île, à travers les transformations et les relations avec les autres peuples de la région méditerranéenne. Il s’agit peut-être la plus grande du secteur ; elle fait partie du circuit du Système Régional de la Sardaigne SBN (Service National des Bibliothèques) et le catalogue (OPAC) d’une bonne partie du patrimoine livresque est disponible sur Internet.

Les musées, ensuite. Le Musée Archéologique National qui présente des fossiles; des os et des crânes de mammifères de l’âge plio-pléistocénique; et des bijoux, des coquillages, des ambres, des bronzes du Néolithique et de l’époque nuragique. Le splendide Musée Deleddiano reconstitue les ambiances et le mobilier originaux de la maison natale de Grazia Deledda. Des documents relatifs à son activité littéraire, théâtrale et cinématographique, et des objets personnels les accompagnent, ainsi que la reproduction du Diplôme de remise du Prix Nobel. Le Musée de la Vie et des Traditions Populaires Sardes, abrité dans une structure qui reproduit l’architecture rurale typique, illustre les traditions, depuis les divers types de pain confectionnés sur le territoire, jusqu’aux objets, ustensiles et meubles; depuis les instruments de filage, de tissage et de couture, jusqu’au grand nombre de costumes anciens, d’accessoires et de splendides bijoux; depuis les masques typiques de carnaval barbaricin jusqu’aux instruments de musique. Le MAN, Musée d’Art de la Province de Nuoro, né en 1999, accueilli dans un bâtiment du XIXe siècle, se distribue sur quatre étages. Le second et le troisième étages, consacrés aux collections permanentes, depuis les débuts du jeune art sarde (1900-1940) jusqu’à nos jours. Le premier et le dernier, aux expositions temporaires, attentives au contemporain et à l’innovation. Enfin, le 20 mai 2010, dans les locaux restaurés de l’ex-tribunal, on a inauguré le Musée Francesco Ciusa (Nuoro 1883–Cagliari 1949), consacré à l’initiateur de la sculpture moderne dans l’Ile; l’exposition est permanente, et comprend neuf plâtres de la grande statuaire de l’artiste, de nombreux travaux en terre cuite et en pâte de marbre, des dessins et des documents d’archives

Pour connaître le tissu social, qu’on s’en remette à la “vox populi”, qui conduit à découvrir un réseau de volontariat, para institutionnel et / ou autonome, aussi actif localement qu’à l’étranger. L’Eglise, mais aussi les laïcs qui donnent bénévolement de leur temps. Des professionnels et des gens du commun, qui ne se battent pas pour occuper le devant de la scène. Ils parlent au pluriel, et sont si nombreux qu’on ne peut pas tous les nommer. “ARCI Solidarité et Développement” de Nuoro, présidé en alternance par l’enseignante et essayiste Annaluisa Corsi et par l’avocat Stafano Mannironi, se démène pour soutenir les étrangers. Forte d’une activité bien documentée et menée avec un engagement constant de 1997 à aujourd’hui, elle a mis en place en 1998 la première agence d’information pour les étrangers, des cours de langue, des congrès. Elle œuvre pour la protection des droits de l’homme, l’assistance aux étrangers, aux détenus et aux faibles. Elle a mené la campagne “Un pont pour Bagdad”. Elle a travaillé pour la Palestine, avec entre autres un projet subventionné par la Région, de coopération avec le camp de réfugiés d’Aida. Dans le cadre d’un jumelage entre l’association de Nuoro et celle du Brésil (présidée par Laura Orunesu, doctoresse de Bitti qui vit et travaille là-bas), elle s’est mobilisée pour implanter des ruches, lancer l’apiculture et la “Maison du miel” pour sa production et pour le commerce. Annaluisa Corsi déclare : « Les deux plans culturels et sociaux procèdent en parallèle, sans que l’un soit privilégié au détriment de l’autre. Pour nous, faire de la culture ça signifie découvrir le visage de l’autre ». En collaboration avec la Province de Nuoro et la Bibliothèque Sebastiano Satta, l’ARCI organise des conférences. Entre autres, en 2009, “La protection des droits de l’homme en Italie et dans les pays méditerranéens”, avec la participation de Cristopher Hein, directeur du CIR, Centre Italien pour les Réfugiés de Rome, et Daria Alfieri, responsable du Bureau des étrangers de la Questure de Nuoro. En avril 2010, “La femme africaine dans la société et dans l’Eglise”, qui, dans la lignée d’autres associations dans le monde, promeut la campagne internationale pour l’attribution du Nobel de la Paix aux femmes africaines. « Nous savons bien, précise Madame Corsi, qu’elles sont en train de devenir des femmes libres. Elles sont actives, déterminées, créatives, elles s’occupent de leur famille, montent des coopératives, commencent à avoir accès au microcrédit, à entrer en politique et dans les gouvernements. Le développement de l’Afrique avance avec leurs jambes ! »

A l’Arci, Stefano Mannironi s’occupe de la protection légale à l’intérieur et à l’extérieur des 5 prisons de Nuoro et de la Province. Il réalise des rêves, comme celui d’accompagner 25 détenus en bus, de la prison de Mamone au Stade de Cagliari, pour voir un match de football. « Tout a fonctionné à merveille, commente-t-il, Cagliari a mis quatre buts! ». Des visites de musées, comme celles des détenus de la prison de Badu’e Carros al Man, il dit : « Ça fait maintenant deux ans que nous œuvrons dans ce sens-là. Malheureusement, je ne réussis pas toujours à faire tout ce que je voudrais. Les obligations professionnelles m’imposent des limites. Quoi qu’il en soit, « ce qu’il y a de plus beau, c’est de recevoir tous les ans les vœux de Noël de la part des détenus musulmans. Ils montrent qu’ils estiment ma religiosité. Ils la respectent comme je respecte la leur ». En outre, depuis 13 ans, Mannironi se rend pour son propre compte en Ouganda. La première fois, en 1997, ça avait été dans la mission de Kangole. Il y avait une bonne sœur sarde, une école, et à 20 kms de distance, un hôpital. Il y était resté un mois et le besoin d’y retourner ne l’avait jamais quitté. Avec d’autres volontaires, les deux premières années, ils ont suivi les enfants. A partir de la quatrième année, ils ont mis en place une équipe d’électriciens et de maçons professionnels dans laquelle Mannironi est manœuvre. Ils interviennent sur les missions qui tombent en ruines, les écoles, les dispensaires, et tout ce qu’il y a de plus urgent à faire. Un rendez-vous qu’il ne manque jamais, et qu’il concilie avec son métier en passant son mois de vacances sur cette terre qu’il définit comme sa « planche de salut ».

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A Nuoro, le vent d’Afrique souffle partout. Dans le quartier San Pietro, sur la place du Rosaire, une petite boutique, “Sahel donne” (Femmes du Sahel), expose les objets faits à la main dans les pays d’origine des femmes africaines et les vend pour leur compte. C’est Gonaria Selloni qui le gère, avec un groupe d’amies. Cette infirmière se rend depuis 30 ans en Afrique, mais vit à Nuoro « parce que, dit-elle, nous développons des activités, comme les adoptions à distance d’enfants africains de Koupela, qui nécessitent notre présence ici ». Elles font référence à la Caritas de l’Eglise du Rosaire qui depuis 10 ans soutient également un “Centre médical” d’assistance aux pauvres et aux personnes âgées, où se relaient 4 médecins et 18 infirmières. Le nombre de patients augmente parallèlement au nombre de ceux qui proposent des initiatives solidaires : les assistants sociaux avec les personnes âgées, les Sœurs de Saint-Vincent de Paul avec les pauvres, les bénévoles avec les jeunes en échec scolaire, l’infirmière Vannina Fois aidant à domicile les malades les plus graves de Nuoro et des alentours. Et, parmi les associations, “Saharawi: Pitzinnos de su Mundu [Enfants du Monde] ”, à but non lucratif, met en place des projets d’accueil et d’assistance sanitaire pour les enfants saharawi ayant des handicaps physiques et psychiques, en août, à Nuoro, dans le Centre Récréatif du Mont Orthobene. A Posada (NU), l’Association de volontariat Sarde, fondée par Grazia Manca, est active aussi bien dans l’île que dans le village de Nkué, en Guinée Equatoriale. Tandis qu’à 30 kilomètres de Nkuè, dans la léproserie du village de Micomeseng, se rendent les bénévoles de don Giovanni Melis, les missionnaires hommes et femmes de Fonni, de Dorgali, de Bitti, d’Orotelli se répartissent entre Madagascar, la République Centrafricaine, la Mauritanie, le Kenya, le Congo et la Zambie.

Et il y a aussi un médecin, Alessandro Murgia, attentif aux répercussions sur la vie de chacun des problèmes internationaux, de la mondialisation aux échanges commerciaux et économiques, aux mécanismes d’appauvrissement, aux solutions possibles, qui participe à des conférences, des collaborations avec des écoles, des cours de formations, des églises, des associations, des groupes de jeunes, des partis politiques et des institutions, avec des initiatives soutenues par des amis comme le Père Mason, fondateur de la Coopérative MCCH au Chili, Gino Strada, cardio-chirurgien dans les pays en guerre et fondateur d’Emergency, Don Luigi Ciotti, fondateur du groupe Abele, Père D’ambra, fondateur de l’Association de Dialogue Interreligieux Sinsilah, aux Philippines, et d’autres encore. Mais à quel titre, s’il est oncologue? « Je suis président de “Mondo Amico”, dit-il, une association qui a une histoire de bénévolat de plus de 30 ans, et qui s’occupe de ces problèmes et d’autres. Nous soutenons “Le Commerce équitable et solidaire”. Et nous ne négligeons jamais l’accueil des pauvres et des immigrés ». On découvre l’autre visage de cette Nuoro que le guitariste Salvatore Satta appelait “Pays des corbeaux” dans Le jour du jugement (Mi 1977).
Une majorité silencieuse, qui parle avec les actes. Un réseau diffus, aux interconnections variées, au point de présenter une liste civique pour les prochaines élections administratives des 30-31 mai. Le candidat au poste de maire est Alessandro Murgia en personne. Il poursuit : « La liste civique s’appelle “Idée Commune” et est composée de personnes éprises de la politique au sens le plus noble du terme. Son histoire a presque été une boutade, au sens où avec Stefano Mannironi et d’autres amis actifs dans le bénévolat, nous avons commencé à discuter de ce qu’on aimerait que la Municipalité fasse pour la ville. Puis nous nous sommes dit : « Pourquoi ne le ferions-nous pas nous-mêmes? » C’est un projet dans lequel nous croyons. Beaucoup de gens viennent nous voir, se remettent à faire de la politique. Nous, nous nous battons de manière transversale, en donnant à tous parole et respect. En refusant les méthodes et les instruments qui ont conduit notre ville à être vide et attentive aux fainéants. Nous, nous voulons nous mettre au service des gens. Promouvoir la culture et le travail avec pour seul but de construire une ville meilleure ». En voilà, une action imprévisible! Une prise de position importante. Quoi qu’il advienne, elle ne s’arrêtera pas là.


Gavina Ciusa
Traduction de l’italien Marie Bossaert
Juin 2010


Photo:
1. Les Garants de l’Enfance et de l’Adolescence à Nuoro, à l’occasion de l’O8, 25-26 juin 2009. En partant de la droite : Marvin Bernstein (Canada); Jeanne Milstein (USA); Lucio Strumendo (Italie), Chieko Sakurai (Japon); Tron Waage (Unicef); Marlene Rupprecht (Allemagne); Alexei Golovan (Russie); Salvatore Solinas (Nuoro); Patricia Lewsley (Grande-Bretagne). La représentante française n’est pas là, car elle a du partir à l’improviste.
2. Nuoro. La maison de Grazia Deledda est aujourd’hui un musée.
3. 7.Francesco Ciusa, La mère de l’assassiné , plâtre, 1906-07 et L’anfora sarda , plâtre, 1927-28. Musée Francesco Ciusa, Nuoro




Adresses
1.Les informations sur le G8 des Garants des enfants, qui s’est tenu à Nuoro du 25 au 26 juin 2009, se trouvent sur le site : http://www.ombudsmanforchildren8.org/site/it-IT/
2.Organismes institutionnels et de bénévolat pour le soutien aux étrangers, Administration Provinciale de Nuoro:
•Assessorato alle Politiche Sociali (Division des Politiques Sociales), Piazza Italia, 22 –08100 Nuoro tel. 0784 238600
•Assessorati ai Servizi Sociali dei Comuni della Provincia di Nuoro (Division des Services Sociaux des Communes de la Province de Nuoro)
•Ufficio del Lavoro della Provincia di Nuoro (Bureau du Travail de la Province de Nuoro) – via Catte 106 – 08100 Nuoro
3.Questura di Nuoro, Ufficio immigrazione (Questure de Nuoro, Bureau de l’immigration) – Viale Europa, tel. 0784 214111
4.Azienda Sanitaria di Nuoro: Ufficio per le Relazioni col Pubblico, Nuoro, presso Vecchio Ospedale (Agence sanitaire de Nuoro : Bureau pour les Relations avec le Public, Nuoro, lié au Vieil Hôpital), via Brigata Sassari – tel. 0784 240738
5.ARCI Piazza Vittorio Emanuele – Nuoro, tel. 0784 36 902 (pomeriggio) – email: arcinuoro@tiscali.it
6.Association bénévole “ Dox Dadiè “, Nuoro – dans la Paroisse Saint Paul, quartier Biscollai, tel 333.9396116
7.ASSOCIATION "SAHARAWI: PITZINNOS DE SU MUNDU" ONLUS NUORO, via San Domenico Savio 31 - 08100 Nuoro. Email: pitzinnosdesumundu@libero.it
8.Association de Volontariat Sarde, via E.Lussu 18, 08020 Posada (NU), Tel. 348/0817443 – 0784/854089; http://www.avsposada.com avsposada@tiscali.it
9.Paroisse de Notre-Dame du Rosaire, via Chironi, Nuoro
10.“Sahel donne”, boutique avec exposition permanente d’objets faits main par des femmes africaines, piazza del Rosario – 08100 Nuoro


Biblioteche - Musei
•BIBLIOTECA "Sebastiano Satta", Piazza Asproni - Nuoro
tel. 0784 244500 - fax 0784 244511
•BIBLIOTECA dell’ ISRE, Istituto Superiore Regionale Etnografico via Papandrea, 6 - Nuoro. Tel 0784/242900
•MUSEO ARCHEOLOGICO NAZIONALE, Piazza Asproni - Via Mannu 1 - Nuoro tel. 39 0784.31688 –38053
•MUSEO DELEDDIANO CASA NATALE DI GRAZIA DELEDDA Via Deledda, 42 –Nuoro tel. 0784.258088-242900
•MUSEO FRANCESCO CIUSA, Piazza Santa Maria della Neve, Nuoro
•MUSEO DELLA VITA E DELLE TRADIZIONI POPOLARI SARDE, Via Mereu, 56 –Nuoro tel. 0784.257035
•MAN Museo d'Arte di Nuoro - via Sebastiano Satta, 15 –Nuoro




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