A bout de souffle | Nathalie Galesne
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Nathalie Galesne   
 
A bout de souffle | Nathalie Galesne
Romano Prodi
La gauche italienne vient de remporter une victoire à l’arrachée, après une nuit d’attente éreintante où s’érodait, d’heure en heure, la victoire de l’Unione annoncée par les exit polls dans l’après-midi.

Au cœur de la nuit, le peuple de gauche a cependant fini par lâcher un cri de joie libératoire avant d’entonner Bella ciao. «On a gagné, a déclaré Prodi à la foule massée place Santi Apostoli de Rome, il est temps de tourner la page. C’est une victoire belle, difficile et incontestable».

De fait, l’avantage de la gauche est bien mince. A la chambre des députés, l’Unione remporte la victoire avec de 0,1% d’avance sur la droite (49,8% contre 49,7%), soit 26.000 votes en sa faveur. Au Sénat, les résultats positifs pour l'Union sont, là encore, très justes. Celle-ci bénificierait de 159 sénateurs grâce aux votes des résidents italiens à l'étranger (contre 156 pour la CDL). Mais cela ne lui garantit pas la majorité absolue qui exige un minimum de 162 sénateurs. C'est le vote des sénateurs à vie - il y en a sept - qui tranchera.

Amère, la CDL exige que les votes soient recomptés. "Perdre fait mal, ont répondu les responsables de l’Ulivo, après avoir mené une campagne électorale à la limite de la décence et dans la pleine violation de la par condicio, la CDL refuse à présent d’admettre l’issue finale des élections et le vote démocratique de millions d’Italiens".

L’arrogance de la droite italienne, son mépris pour les institutions ne sont plus à prouver, mais tous ceux qui avaient espéré en avoir fini avec l’ignominie berlusconienne ne parviennent pas à cacher leur immense déception. Il fallait, en effet, une victoire franche de la gauche pour pouvoir vraiment tourner la page. Le risque d’un pays impossible à gouverner est bien réel. Par ailleurs, au sortir de ces élections, le profil d’une Italie coupée en deux blocs compacts et hostiles n’est pas plus réjouissant.

Les prochaines heures s’annoncent chaudes. Nathalie Galesne
(11/04/2006)
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