Orientalistes contemporains à L’espace Art Sadika | babelmed
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  Orientalistes contemporains à L’espace Art Sadika | babelmed Si, en son temps, l'orientalisme a signifié la confrontation avec des horizons nouveaux, la révélation de langages plastiques inconnus, l'ouverture à une perception différente de l'espace et du temps, il a aussi nourri un imaginaire qui, pour être luxuriant – ou sinon luxurieux! -, fut, et ce jusqu'au XXe siècle, marqué du sceau de la conquête coloniale, et de cette inévitable condescendance à laquelle incite la contemplation de l’exotique. Voilà pourquoi cette approche-là a fini par devenir une impasse.

Dans la première moitié du XXe siècle, nombre de peintres, tels Henri Matisse, Paul Klee, Jean Dubuffet et bien d'autres, ont contribué à lever cette hypothèque. Le regard, même s'il est resté subjugué par l’intensité de la lumière et par la vivacité des couleurs, s'est renouvelé en profondeur. L'art abstrait qui, entre-temps, s’était détaché de l'asservissement à la reproduction du détail, avait mis les lignes en mouvement et permis toutes les audaces chromatiques. Et, puisque l'Orient invite à se tourner vers ce qui est à naître, il a incité à une approche plus moderne, à un nouveau regard sur l'autre, cette fois libérés des préjugés.

Les œuvres présentées ici n'ont pas la prétention d'épuiser ces nouvelles perspectives. Elles en sont les jalons. Leurs auteurs expérimentent, pour avoir vécu ou travaillé en Tunisie, cette façon de prendre en considération un ailleurs qu'ils ont aimé. Dans leur art, ils ont voulu en garder l'empreinte. Outre leur valeur intrinsèque, que ces œuvres soient donc aussi considérées comme le témoignage de leur amitié.

Texte d’Alain Nadaud
(05/11/2006)

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