L’affaire des «internautes de Zarzis» | Hannane Bouzidi
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Hannane Bouzidi   
 
L’affaire des «internautes de Zarzis» | Hannane Bouzidi
L’affaire
Les internautes de Zarzis ont été jugés pour "constitution de bande ayant pour objet la préparation d'attentats, tentative de vol et détention de produits explosifs". Les autorités tunisiennes ont accusé certains d'entre eux de s'être rendus à l'étranger et d'avoir "sollicité le soutien logistique du réseau terroriste Al-Qaïda". Les internautes, cinq Tunisiens, âgés aujourd'hui de 23 ans, ainsi qu'un professeur de 39 ans ont nié ces charges et affirmé avoir fait des aveux sous la torture dans les locaux de la police. Ils ont été condamnés en 2004 à 13 ans de prison pour usage d'internet "à des fins d'attentats terroristes". Avocats et défenseurs des droits de l'Homme avaient qualifié leur procès de "scandaleux". La Tunisie, ayant signé avec d’autres pays un accord international pour la lutte contre le terrorisme, doit fournir chaque année un rapport de ses activités en ce sens. Les internautes de Zarzis seraient-ils les victimes injustement sacrifiées sur l’autel de la politique internationale?
L’affaire des «internautes de Zarzis» | Hannane Bouzidi
Les internautes de Zarzis
Le cas de Abdelghaffar Guiza
L’un d’eux, Abdelghaffar Guiza, tuberculeux, est aujourd’hui en "danger de mort", a annoncé dimanche à Paris le Comité de soutien aux internautes de Zarzis: "L'état de santé de Abdelghaffar Guiza, s'est considérablement aggravé ces derniers temps au point que sa famille craint pour sa vie". Le comité appelle les autorités tunisiennes à lui fournir "d'urgence les soins appropriés à son état de santé". La tuberculose d'Abdelghaffar Guiza, âgé de 23 ans et dont le "seul crime" est, selon ses défenseurs, "d'avoir surfé sur internet", "a empiré suite aux mauvaises conditions de détention et à la privation de ses médicaments". L'état de santé du jeune homme va "jusqu'au vomissement de sang", précise le Comité de soutien, présidé par une parlementaire européenne belge, Hélène Flautre. Admis "au service de pneumologie de l'hôpital de l'Ariana sans qu'aucun membre de sa famille n'ait été informé, puis renvoyé en prison", le jeune détenu a entamé "une nouvelle grève de la faim". Abdelghaffar Guiza et ses camarades avaient été condamnés en avril 2004 à 19 ans et trois mois de prison, une peine ramenée en décembre 2004 en appel à 13 ans.

Concert de soutien
Afin que ces personnes ne croupissent pas en prison dans l’indifférence générale et afin d’informer la communauté internationale de leur situation, un concert de soutien intitulé «Sous le soleil, exactement! Mélodies contre l’oubli» a été organisé vendredi 17 février 2006 à Saint-Denis. Plusieurs artistes S’y sont exhibés tels que Mohamed Bhar (chant et luth oriental), Tarek Maatoug (saxophone et percussions), Michel Seban (pop-folk intimiste), Frède (auteur-interprète), le Quatuor vocal de l’amitié (chant a capella), Haileinse (roots, rock, reggae), et Fouzia et Mustapha (chanson engagée). Hannane Bouzidi
(15/02/2006)
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