Les Rencontres Chorégraphiques de Carthage | babelmed
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Les Rencontres Chorégraphiques de Carthage, rendez-vous tunisien des professionnels et des amoureux de la danse contemporaine, créé par la chorégraphe Syhem Belkhodja, se dérouleront du 29 avril au 8 mai avec l’objectif de «sensibiliser et former davantage les spectateurs à l'art de la danse et de susciter de nouvelles vocations afin d'assurer la relève et la pérennité de l'expression corporelle».
Le festival propose depuis quatre ans une vingtaine de spectacles sélectionnés parmi les créations récentes des jeunes chorégraphes contemporains d'origine et d'inspiration diverses et donne une place particulière à des créations originales locales réalisées spécialement pour l'occasion.
L’idée des ces Rencontres naît en 2001, lorsque les «Repérages», réseau de programmateurs qui œuvrent pour la reconnaissance de jeunes chorégraphes et pour leur circulation, organise sa résidence à Tunis. Ce réseau de programmateurs choisit un créateur dans son pays et le recommande aux autres membres qui le programment chez eux. Cette année-là, et pour la première fois, la résidence des Repérages a lieu dans un pays du Maghreb, à Tunis, et c’est Syhem Belkhodja, directrice du Sybel Ballet Theatre mais aussi directrice de l’école de danse du Centre culturel El Manzah VI, qui organise l’accueil.
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Syhem Belkhodja
C’est ainsi que Syhem Belkhodja a l’idée de créer un véritable festival, pour que les artistes puissent venir et que le public apprenne ce qui se danse ailleurs. «On n'a peut-être jamais eu autant besoin de danse qu'aujourd’hui… L'affirmation pose évidemment son pesant de militantisme naïf qui fait le charme des amoureux de la chose chorégraphique. Ce n'est déjà pas si mal. Mais l'actualité donne un sens particulier à ce propos. Alors que le contact entre les cultures a rarement été aussi complexe, la chance de celui qui danse est de le faire sans accent sans pour autant devoir ressembler à quelqu'un d'autre pour s'exprimer. La langue de son corps est toujours à la fois une langue commune et un trait parfaitement individuel ce qui inclue aussi tout ce qu'une culture peut déposer dans les muscles et les os. La danse est l'une des rares façons de s'affirmer sans rien oublier des autres; ne rien leur imposer et savoir que ce qui leur sera transmis ne subira pas le filtre déformant de la langue. Décidément, l'idéal de la danse possède, au regard des enjeux du monde, un puissant souffle d'utopie en action», expliquait la chorégraphe tunisienne.
Dès 2002, le festival est mis en place avec des danseurs français, des représentants de toute l’Europe et un soutien fidèle aux chorégraphes tunisiens. C’est avec l’édition 2003 que les Rencontres Chorégraphiques de Carthage s’affirment grâce à la présence de deux célèbres représentants des centres chorégraphiques nationaux français, Angelin Preljocaj et Claude Brumachon, d’autres danseurs comme Pisani, Pambé-Wayack, Berbessou, l’allemand Plischke, l’italien Montanile, l’espagnol Linares, la galloise Ladd mais aussi de spectacles de hip hop et une ouverture très forte sur les jeunes chorégraphes tunisiens comme Nejib Ben Khalfellah, Hafiz Dhaou ou Aïcha M'barek.
L’édition 2004 confirme ce bouillonnement et ce métissage: au programme Maguy Marin avec sa pièce Les Applaudissements, Carolyn Carlson dansée par Yutaka Takei, Sidi Larbi Cherkaoui dansant It de Wim Vandekeybus. Le festival affiche aussi une très forte présence africaine avec 6 compagnies présentes.
Cette édition 2005 s’ouvre en présence d’une grande compagnie européenne, le ballet de Genève, toujours beaucoup d’artistes africains et des représentants de toute l’Europe. Parmi les autres invités Imen Smaoui, Selma et Sofiane Ouissi, Catherine Diverrès, Nawal Skandrani, Radhouane El Meddeb, Kabako, Karine Saporta, Hind et Auguste et le travail de diverses écoles de danse méditerranéennes, Liban, Italie, Espagne, Maroc…
Des tables rondes sont aussi au programme avec pour le réseau arabe YATF (Young Arab Theatre Dance), pour le réseau africain Chesa Africa et pour le réseau méditerranéen La danse dans la Méditerranée. Antonia Naim
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