Le nouveau cycle de luttes et de révolutions | Gustave Massiah, FSM à Tunis
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Gustave Massiah   

Le FSM à Tunis se tiendra là où la réponse des peuples, à l’accentuation de

la crise en 2008 et aux politiques répressives d’austérité, a ouvert un

nouveau cycle de luttes et de révolutions. Le vent nouveau parti de Tunis

s’est d’abord propagé en Egypte. Il a mis en avant la lutte contre les

dictatures et il s’est étendu à toute la région Maghreb-Machrek. Il a

traversé la Méditerranée et s’est propagé en Europe du Sud, en Espagne, au

Portugal, en Grèce en posant la question de la démocratie réelle. Il a

trouvé un nouveau souffle en traversant l¹Atlantique à travers les « occupy »

de Wall Street, London, Montréal. Il prend aujourd¹hui des formes plus larges

dans de nombreux pays du monde, au Chili, au Canada, au Sénégal, en Croatie,

autour de la faillite des systèmes d¹éducation et de la généralisation de

l’endettement. Le pouvoir économique et le pouvoir politique, à travers leur

complicité, ont été désignés comme les responsables de la crise. Ce qui a

été démasqué c’est la dictature du pouvoir financier et la « démocratie de

basse intensité » qui en résulte.

Au-delà des spécificités, ce nouveau cycle de luttes met en avant la justice

sociale, le refus de la misère, des inégalités, de la corruption ; la

revendication de systèmes démocratiques qui garantissent les libertés

individuelles et collectives, la dignité de chacun ; les contradictions

géopolitiques liées à l¹hégémonie occidentale ; les contradictions

écologiques de plus en plus sensibles. Elles mettent en lumière des

contradictions sociales entre les couches populaires et les oligarchies.

Elles remettent en cause l¹hégémonie culturelle nécessaire à la domination

des valeurs de la bourgeoisie et des élites dirigeantes.

Une des questions qui sera discutée à Tunis est celle du rapport entre les

nouveaux mouvements et le mouvement altermondialiste. Ces mouvements ne se

sont pas organisés dans le mouvement altermondialiste, même si de nombreuses

relations ont existé dès le début. Les nouveaux mouvements sociaux ont leur

dynamique propre. Les jonctions avec les mouvements plus anciens de

l¹altermondialisme existent, mais elles sont diffuses. Les mouvements plus

anciens de l¹altermondialisme devront tirer les leçons de leurs avancées et

de leurs limites. Et, comme le dit si bien Esther Vivas pour les nouveaux

mouvements : « c’est un prologue ».

 

 




 

*Gustave Massiah est représentant du CRID au Conseil International du FSM