Tunisie: assassinat d’un démocrate | Chokri Belaïd, Sidi Bouzid, Kasserine, Béja, Bizerte, Mouvement Ennahda, Front populaire, Ligues de Protection de la Révolution, M. Hamadi Jebali, Ettakatol
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Tunisie: assassinat d’un démocrate | Chokri Belaïd, Sidi Bouzid, Kasserine, Béja, Bizerte, Mouvement Ennahda, Front populaire, Ligues de Protection de la Révolution, M. Hamadi Jebali, Ettakatol

Chokri Belaïd a été abattu ce matin, de trois balles à bout portant, alors qu'il sortait de son domicile. A l'annonce officielle du décès de son décès, plus d'un millier de personnes s'attroupait devant le ministère de l'intérieur, puis d’autres manifestations éclataient dans tout le reste du pays.

A Sidi Bouzid, Kasserine, Béja et Bizerte des foules manifestaient leur colère tandis qu’à Mezzouna, près de Sidi Bouzid, et à Gafsa, des manifestants auraient saccagé les locaux d'Ennahda. Si l’assassinat de Chokri Belaïd n’a pas été revendiqué, sa famille et ses proches accusent sans mâcher leurs mots Ennahda, le parti islamiste au pouvoir.

Chokri Belaïd, 47 ans, bonhomie moustachue surmontée d’une casquette, était bien connu des Tunisiens pour ses critiques acerbes lancées à l’actuel pouvoir. Secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, ce militant de la première heure avait rejoint avec sa formation une coalition de gauche, le Front populaire, qui se veut une alternative au gouvernement en place.

Menacé, Chokri Belaïd avait demandé une protection qui lui avait été refusée. Quelques jours avant son assassinat, il avait dénoncé les LPR (Ligues de Protection de la Révolution), milices du Mouvement Ennahda, pour les violences pratiquées contre les partis de l’opposition.

Appelant à « ne pas tomber dans le piège du criminel qui vise à plonger le pays dans le désordre"  M. Hamadi Jebali, chef du gouvernement tunisien, appartenant à Ennahda, a dénoncé "un acte criminel, un acte de terrorisme pas seulement contre Belaïd, mais contre toute la Tunisie.

Ce meurtre intervient dans un contexte politique extrêmement tendu, la troïka au pouvoir (Ennahda, le Congrès pour la République (CPR) et le parti Ettakatol) peine à gouverner efficacement le pays. En effet, Elle n’a toujours pas trouvé un terrain d’entente pour le remaniement ministériel promis depuis des mois, et le projet de constitution est loin d’aboutir.


 

06/02/2013