Monastir: un rôle à jouer dans une réalité médiatique en crise | Zahra Ben Kamla, Monastir, Sahel, Tunis Afrique Presse, Radio Monastir, Yacine Kort
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Zahra Ben Kamla   

Monastir: un rôle à jouer dans une réalité médiatique en crise | Zahra Ben Kamla, Monastir, Sahel, Tunis Afrique Presse, Radio Monastir, Yacine KortAvant et après le 14 Janvier, les médias régionaux ont été des protagonistes de l’information tunisienne. En effet, ils ont contribué de manière significative à l’amélioration et au changement du paysage audiovisuel du pays. Il y a à Monastir 3 grands médias qui diffusent les informations concernant la région.

La radio régionale de Monastir est la seule radio dans la région du Sahel depuis 1977. Sa fondation a été suivie par la création de l’unité de production télévisée et ensuite par le bureau de l’agence Tunis Afrique Presse. Ces institutions emploient un nombre important de journalistes qui vivent une réalité médiatique perturbée par l’absence de moyens et une série d’obstacles en tous genres qui nuisent à la qualité de leur travail. Il n’est pas faut d’imputer la responsabilité du faible rendement à la fois la faute du journaliste et à cette structure médiatique.

Rencontre avec des journalistes des différents médias implantés dans la région de Monastir .


La radio régionale de Monastir: un manque d’embauche

Radio Monastir est un leader de la liberté d’expression, c’était le cas même avant la Révolution. Elle reste toujours proche du citoyen. Cette radio se fait l’écho des problèmes, les attentes et les préoccupations du citoyens, et le fait malgré l’insuffisance des effectifs de journalistes spécialisés : il ne sont pas plus de 10 au département d’information, ce qui épuise l'équipe de journalistes et rend difficile leur travail malgré le professionnalisme, l’expérience et la compétence qui est la leur.

"Les conditions de travail au département d’informations de la radio sont particulièrement âpres et nous empêchent d’atteindre le professionnalisme souhaité», explique Yacine Kort, adjoint du directeur de la sous direction de l’information à radio Monastir. "ce qui nous afflige le plus, c’est le manque des ressources humaines puisque la radiodiffusion couvre plusieurs villes et gouvernorats , une tâche impossible pour une équipe constitué e de 10 journalistes seulement. Ce nombre limité entrave la performance requise par une information de qualité. Je suggère à cet égard la nécessité de renforcer le département d’informations en embauchant plus de journalistes pour assurer l’info généraliste et les événements politiques à venir, notamment les élections prévues pour l'année prochaine. Embaucher des reporters régionaux est une nécessité urgente puisque c’est eux qui peuvent détecter les aspirations et les préoccupations des citoyens. Il serait plus efficace d’avoir un meilleur réseau de journalistes professionnels et spécialisés."

«Dans ce contexte», souligne Yacine Kort «il est nécessaire de revoir les primes et les rémunérations de ces journalistes pour les motiver dans leurs efforts et leur permettre d’améliorer leur situation financière et d’ enrichir leurs expériences de formation. Je propose également la mise en place de bureaux d'information régionaux dans tous les gouvernorats du centre, de la côte et des les régions internes (les préfectures), suivant la stratégie adoptée dans les gouvernorats du centre ouest et du Sud. Il faut aussi réformer les médias, c’est le seul moyen de changer et d’améliorer la le paysage médiatique et de répondre à toutes les accusations d’appartenance au vieux régime et de tentation rétrograde.»


Monastir: un rôle à jouer dans une réalité médiatique en crise | Zahra Ben Kamla, Monastir, Sahel, Tunis Afrique Presse, Radio Monastir, Yacine KortL'unité de production télévisée à Monastir

Le manque de ressources nous limite

On a parlé à une journaliste qui travaille beaucoup sur le terrain avec les citoyens et transmet leurs visions des choses, leur réalité, leurs problèmes et leurs attentes, à propos de la réalité de la production télévisée dans la région et des obstacles qui empêchent la réalisation des objectifs souhaités. Notre collègue Hayet Radhouani qui travaille à l’unité de production télévisuelle affirme que "le travail dans cette unité est caractérisé par un manque des ressources nécessaires et appropriées pour accomplir le travail dans des conditions normales et confortables. Ces ressources consistent en un espace public et des bureaux surtout que l'espace de travail actuel n’est pas suffisant pour une grande équipe de journalistes, techniciens et administrateurs. L’unité manque d’autre part d’équipements, et ceux qui sont fournis sont très modestes et ne dépassent pas 3 caméras et un seul ordinateur. Les mécanismes de travail professionnel restent faibles en l’absence des sessions d'édition et des séminaires de rédaction en dépit de leur importance.... " Elle ajoute: «Il y a une absence presque totale du dialogue et de communication entre les journalistes qui travaillent à la sous unité et les collègues de l’établissement central de la télévision tunisienne auxquels les rédacteurs et les rédacteurs en chef ont confié la responsabilité de coordination, de distribution du travail et de briefing. Et on n’a aucune participation active aux travaux de la comité de rédaction élue après la révolution du 14 Janvier au département des informations à la première et la deuxième chaines nationales et au niveau de l'élaboration des politiques éditoriales et la proposition des thèmes à soulever."

En ce qui concerne les cycles de formation, elle dit: "La participation aux cycles de formation pour perfectionner les compétences ainsi que la participation aux stages de formation et la couverture de points externes sont monopolisés. Avant le 14 Janvier elle était exclusivement réservée aux dirigeants de l'institution, maintenant elle se limitent aux journalistes de l’établissement central». Avec beaucoup de tristesse et de chagrin elle ajoute: "Jusqu’à quand allons nous continuer comme ça ? Nous vivons une mobilité sociale importante et nous sommes parfois dépassés par les événements, mais nous somme limités à cause du manque de ressources et de la dépendance de l'administration centrale puisque les médias régionaux, à mon avis, ne reçoivent pas l’attention qu'ils méritent et ils représentent aux collègues qui travaillent à l’établissement central une unité secondaire. Bien qu’une chaine qui couvre les événements dans les régions a été créée, aucun changement significatif n'est apparu, le taux d’audience de cette chaine reste très faible et les régions restent ignorées. Jusqu’à quand allons-nous continuer comme ça alors que la réalité impose absolument le changement? Nous les journalistes aimerions bien exercer notre droit de participer à la prise de décision puisque nous croyons en nos capacités à introduire le changement souhaité par le spectateur et pour nous disculper des accusations qui nous hantent de manquement à la couverture des événements. Je ne pense pas que les journalistes régionaux manquent de compétences scientifiques ou même administratives, de connaissances, ou d'expertise. "

Elle a conclu en disant "que l'image de la caméra régionale nécessite une retouche et nous espérons que le changement ne va plus tarder à venir."


Agence Tunis Afrique Presse: Informations fragiles

Le travail du bureau de Monastir de l’agence Tunis Afrique Presse est limitée aux efforts d’une seule journaliste. Mais grâce à la persévérance de Mme Monia Trimech et sa quête de l’information précise qui couvre tous les événements et les développements dans la région de Monastir, l’agence parvient à transférer les évènements importants aux tunisiens à tout moment et n'importe où.

Ce type d’information a constitué une grande difficulté pour Monia puisqu’elle est difficilement accessible, parfois même absente et difficile à obtenir.

Monia a affirmé « le 14 Janvier, je suis parvenue à m’approcher des citoyens très librement et d'identifier leurs préoccupations, d'une part. D’autre part, les responsables m’ont aidé dans la recherche de la vérité, mais les choses on vite récidivées à l’état d’avant la révolution. L’estimation de l’information par certains est absente, d’autres essaient d’échapper à la présentation de la vérité tel qu’elle est en toute transparence et crédibilité ». Elle ajoute, "la région est riche en activités et événements qui changent et se développent très vite. Le domaine peut couvrir davantage d’événements puisque la région n’est pas isolée de la situation générale dans le pays. Le journaliste doit avoir un réseau de relations dans la région dans laquelle il opère pour l'aider à suivre les événements et à découvrir la vérité en plus de sa quête permanente de la vérité partout pour les révéler et les exposer aux citoyens. "

Toute personne qui fait ce travail éprouvant fait face à cet ensemble de préoccupations et de problèmes, bien que relatifs. La réussite est le résultat inévitable pour tout professionnel qui parvient à les surmonter avec une patiente armée de conviction de l'appel du devoir sans s’arrêter ni lâcher, malgré les obstacles et les difficultés en vue de participer à l'avancement de la scène médiatique régionale et à l'échelle nationale.

Y aura-t-il quelqu’un pour écouter ces préoccupations ? Où un espace pour les exprimer dans les blogs ? Où dans les colonnes de presse? On n’a pas voulu juste soulever ces préoccupations mais on veut atteindre à travers elles l'objectif qui consiste à «assurer le professionnelle et améliorer la scène médiatique "

 

 


 

Zahra Ben Kamla

Mai 2012