Coupure d’eau d’irrigation à Borj Ettoumi: La saison agricole, survivra-t-elle ? | Olfa Gharbi, Borj Ettoumi, Manouba, Moncef Salmi, Wissem Ayari, Hattab Fazai, Saad Khézami
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Olfa Gharbi   

Un grand nombre de jeunes agriculteurs se sont réunis à Borj Ettoumi du gouvernorat de la Manouba très tôt le matin dans un des cafés populaires de la région alors qu’à cette heure là, ils étaient censés commencer à travailler leurs terres. A l’origine de ce chômage, la coupure d’eau d’irrigation depuis environ un mois et demi qui les a obligé à cesser l’activité agricole bien que la saison des tomates ait commencé. Quelles sont les implications de la coupure d’eau d’irrigation sur la saison agricole? Et quelles sont les solutions proposées par les responsables régionaux pour rétablir l’eau d’irrigation et sauver la saison agricole.

Coupure d’eau d’irrigation à Borj Ettoumi: La saison agricole, survivra-t-elle ? | Olfa Gharbi, Borj Ettoumi, Manouba, Moncef Salmi, Wissem Ayari, Hattab Fazai, Saad Khézami

Borj Ettoumi est une région agricole dans laquelle les agriculteurs souffrent de nombreux problèmes, et la situation s’est aggravée depuis environ un mois et demi quand l’eau d’irrigation a été coupée surtout que la saison est très sensible vu que c’est la saison de tomates produites en grandes quantités dans cette région. Najem Essafi, 32 ans, agriculteur de la région affirme: «Nous sommes dans une situation critique en raison de l’interruption de l’eau d’irrigation qui aura des répercussions dramatiques sur la saison agricole et qui provoquera une grande perte pour l’agriculteur, car il a dépensé beaucoup d’argent pour acheter des matières premières mais il est encore jusqu’à aujourd’hui incapable de travailler et n’a même pas commencé la cultivation en raison de la coupure de l’eau d’irrigation».

 

Soif et autres problèmes

Parmi les problèmes rencontrés par les agriculteurs dans la région de Borj Ettoumi, est celle de l’aggravation de la dette qui est la raison principale des coupures d’eau d’irrigation. La plupart des agriculteurs ne paient pas leurs dettes dues du coût de l’eau d’irrigation, et dans ce contexte Saad Lekhzémi, 40 and, agriculteur indique : «parmi les raisons pour lesquelles les dettes se sont accumulées est le manque de facilités prévues pour l’agriculteur modeste et le faible taux d’indemnisation pour les dommages causés aux agriculteurs par les inondations ainsi que le coût très élevés des matières premières et du matériel d’irrigation «goutte à goutte», malgré sa modeste qualité. Ces problèmes ont alourdi le fardeau des agriculteurs qui sont devenus incapables de payer le coût de l’irrigation, ce qui a, à son tour, accumule leurs dettes causant la coupure d’eau d’irrigation. » Le directeur du Groupement de l’eau affirme que le taux de dette est très élevé et que les agriculteurs doivent payer vingt pour cent de leur dette, estimée à 68 millions de dinars tunisiens pour rétablir l’eau d’irrigation.

Coupure d’eau d’irrigation à Borj Ettoumi: La saison agricole, survivra-t-elle ? | Olfa Gharbi, Borj Ettoumi, Manouba, Moncef Salmi, Wissem Ayari, Hattab Fazai, Saad Khézami

La coupure de l’eau d’irrigation à Borj Ettoumi implique l’interruption de la vie, parce que l’activité principale de la plupart des familles est l’agriculture. A propos des raisons de l’interruption de l’eau d’irrigation pour cette région dans cette période sensible de la saison de tomate, M. Moncef Salmi, président du Groupement de l’eau «al wifaq» à Borj Ettoumi explique: «L’accumulation des dettes n’est pas la seule raison, mais la corruption financière de l’ancienne assemblée du groupement de l’eau et des investisseurs est aussi l’une des principales raisons de la détérioration de la situation qui a aussi conduit à la coupure d’eau d’irrigation pour les agriculteurs pendant la saison de pointe».

Les agriculteurs de Borj Ettoumi sont confrontés à de nombreux problèmes, et parmi les facteurs qui ont contribué à la détérioration de la situation et à l’aggravation du chômage parmi les jeunes, dont la solution est lié au secteur agricole dans la région, est le problème de l’exploitation par les investisseurs de vastes terres revenant à l’état ce qui leur génèrent d’énormes profits. Saad Khézami, explique dans ce sens : «le petit agriculteur loue la terre d’un grand agriculteur moyennant une somme très élevée pour la culture de tomates ou de pommes de terre, tandis que l’investisseur obtient la terre pour une somme modique, ne l’exploite pas, et n’emploie pas les jeunes de la région ce qui cause une perte pour le petit agriculteur et augmente le chômage».

 

Solutions impossibles

En ce qui concerne des solutions qui peuvent aider les agriculteurs à surmonter ces obstacles, le directeur du groupement M. Moncef Salmi indique que les autorités régionales sont conscientes de ces problèmes et surtout du problème de l’eau d’irrigation, mais la solution, reste cependant, dans la main de l’agriculteur et elle consiste à payer la dette.

Dans ce contexte, le maire de Borj Ettoumi, M. Wissem Ayari, affirme que les problèmes de l’agriculture dans la région ont été soulevées avec le préfet du Battan mais en ce qui concerne le problème de l’eau d’irrigation, la décision du ministre de l’Agriculture reste claire à ce sujet : « il faut absolument payer vingt pour cent de la dette pour chaque agriculteur pour restituer l’eau d’irrigation.

 


 

Olfa Gharbi

Photos: Hattab Fazai

Mai 2012