«Lâche-moi les baskets», dit la Nike à la Blackspot sneaker | Nathalie Galesne
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Nathalie Galesne   
  «Lâche-moi les baskets», dit la Nike à la Blackspot sneaker | Nathalie Galesne Il faut se sentir sacrément bien dans ses baskets pour avoir lancer un défi aussi titanesque: Rafler 1% du marché au Géant Nike, en instaurant des règles de fabrication, de distribution et de consommation équitables, respectueuses de l’environnement, des travailleurs, et des consommateurs. De quoi faire rougir les multinationales si elles avaient une âme.

C’est ainsi que Kalle Lasn, fondateur de la Adbusters Media Foundation, a décidé de lancer une gamme de chaussures sans marque, dont la caractéristique principale est de s’abstenir du moindre logo tout en se battant sur le terrain des grandes marques, c'est-à-dire en tentant de leur faire concurrence.

Le rêve de ce chef d’entreprise du politicaly correct est en effet de proposer, en guise de dénonciation des multinationales et de leur triade de choc -TV, pub, et délocalisation sauvage- une autre tactique que celle du boycottage.

Kalle Lasn, qui se bat depuis plus de 14 ans contre le cynisme de la globalisation, a donc monté sa propre usine au Portugal en choisissant de fabriquer l’objet culte de ce début de siècle, c'est-à-dire des chaussures de sport, désormais désignées exclusivement par la marque qui les fabrique. De fait, les Nike, les Addidas, ou les Puma sont devenues le gadget identitaire indispensable à tout adolescent occidental qui se respecte. Et que les jeunes des pays émergents se contentent des produits de la contre-façon!

Pour trouver l’endroit où implanter son industrie, Kalle Lasn a tout d’abord procédé par exclusion en rejetant les lieux où les droits des travailleurs ne sont pas respectés. C’est dans une région rurale du Portugal qu’il a fini par élire domicile. On y fabrique des souliers depuis 400 ans, et c’est précisément à une famille de fabriquants de chaussures depuis trois générations qu’il a confié son projet. «Lâche-moi les baskets», dit la Nike à la Blackspot sneaker | Nathalie Galesne Les Blackspot sneaker sont en fibre naturelle et biodégradables à 70%. Elles sont vendues à travers le monde grâce à un site internet. Les ouvriers qui les fabriquent perçoivent un salaire supérieur au salaire minimum en vigueur au Portugal, et travaillent dans d’excellentes conditions.

Environ 10.000 commandes auraient déjà été passées et 200 points de ventes sont prêts à exposer «ces semelles de gomme no global» dans leur vitrine. Si la formule fait recette, elle pourrait bien faire des émules et s’appliquer à d’autres secteurs de la mode. Espérons qu’elle ne se fourvoie pas et continue à suivre scrupuleusement le mot d’ordre de Lasn: «Vivre dans un monde où ce sont les personnes qui créent leur futur et non pas les multinationales». Nathalie Galesne
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