Le trône de Kadhafi ébranlé | Jalel El Gharbi
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Jalel El Gharbi   
Le trône de Kadhafi ébranlé | Jalel El Gharbi
Moubarak et Kadhafi
La fin de Kadhafi commence à Benghazi, ville traditionnellement frondeuse à près de mille kilomètres de Tripoli. Pour éviter une réédition des révolutions tunisienne et égyptienne entre lesquelles il se trouve pris en sandwich, le colonel, au gré d'apparitions ubuesques à la télévision libyenne, a ordonné une répression sanglante et fommenté la guerre civile.

Des unités spéciales sont déployées. Elles sont vite appuyées par des milices africaines, mercenaires à la solde du Colonel. Malgré le black-out imposé à Benghazi, on apprend que la répression est farouche.

Les forces «loyales» tirent dans le tas, utilisent hélicoptères et mitrailleuses. L’hôpital est vite débordé. Mais des soldats se rallient au peuple. Benghazi échappe maintenant au contrôle de Kadhafi. Ce serait également le cas de nombreuses autres villes. Les manifestants ont dû recourir aux armes, face à une répression impitoyable.

Le bilan des victimes se compterait en milliers.

L’Est du pays s’est vite embrasé. Les mêmes slogans tunisiens puis égyptiens ont été repris. «Le peuple veut la chute du système» le slogan est repris de ville en ville. Sa clameur a atteint Tripoli et d'autres villes libyennes. Le même schéma semble se reproduire : l’étincelle est donnée dans une ville de province traditionnellement frondeuse (Sidi Bouzid, Suez, Benghazi) pour gagner la capitale.

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Moubarak et Ben Ali
Dans un de ses premiers discours, Seïf Al-Islam (littéralement Glaive de l’islam), le fils de Kadhafi, a menacé les Libyens, en leur annonçant une dureté autrement plus grande que celle de Ben Ali et de Moubarak dans leurs premiers discours. Il incrimine un complot étranger auquel il s’opposerait en faisant couler «des rivières de sang». Il a également évoqué le risque d’une guerre civile et repris ses vieilles promesses d’une «nouvelle Libye» dotée d’une constitution. Dans un second temps et après les propos incohérents et hargneux de son père, il a tenté en vain l'apaisement.

Mais il y a longtemps que les peuples de la région ont compris qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux. Le modèle d’une «monarique» (traduction de Jamlaka, mot valise formé de monarchie et de république) à la syrienne n’est plus envisageable.

A plusieurs reprises, la TV libyenne a montré des centaines de ressortissants Tunisiens, Egyptiens, Soudanais, Turcs, Palestiniens et Syriens arrêtés dans diverses villes libyennes et accusés de complot contre la révolution (entendez le putsch du 1er septembre 1969 qui a permis au colonel d’accéder au pouvoir . )

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Berlusconi et Kadhafi
A part les hésitations de Mr Berlusconi au début des affrontements préconisant de «ne pas déranger Kadhafi», il semble que la communauté internationale se montre aujourd'hui plus solidaire qu’elle ne l’ait été avec les Tunisiens. Ainsi l’ambassadeur de Libye en Inde, Mr Ali Al-Aissaoui, vient de démissionner pour protester contre la répression, et des sanctions contre le gouvernement libyen ont été voté à l'ONU et par l'Union Européenne.

Tot ou tard, Mouammar Kadhafi devra rejoindre Ben Ali et Moubarak. Difficile d’imaginer une autre issue car le colonel  est déterminé à se battre contre son propre peuple qui ne veut plus de sa dictature, la doyenne dans le monde arabe.

www.PetitionOnline.com/Mukhtar1/petition.html
http://alive.in/libya/2011/02/19/massacre-in-benghazi-worse-than-sabra-shatila-speak2tweet/

Jalel El Gharbi
(21/02/2011)

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