Fatih Akin primé à Cannes | babelmed
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Fatih Akin
Si l’on en croit les critiques récentes, c’est pourtant un scénario compliqué que celui du film de Fatih Akin De l’autre côté. Destins entremêlés du père et du fils turcs vivant en Allemagne, de la mère et sa fille, toutes deux allemandes mais transportées à Istanbul, c’est un scénario complexe qui chevauche deux pays, deux identités, des morts violentes et des identités mélangées.

Pour autant, c’est un Fatih Akin radieux, seul réalisateur allemand sélectionné au 60ème Festival de Cannes, qui s’est vu décerner hier soir le Prix du meilleur scénario pour son film De l’autre coté.

Jusqu’alors, la critique balançait: «La belle idée de Fatih Akin, c’est que l’on est toujours De l’autre côté et que le miroir peut et doit être traversé dans les deux sens» écrivait Thomas Sotinel dans Le Monde du 25 mai. Compliment non dénué de critique puisque «Le souci d’exprimer clairement un propos et une histoire compliqués laisse parfois une sensation de sécheresse. Heureusement les interprètes sont là pour l’atténuer, et souvent, même, pour la faire oublier. Au premier rang d’entre eux, Hanna Schygulla, qui passe du gris quotidien à la lumière avec une puissante douceur». www.lemonde.fr

La même Hanna Schygulla, interviewée par Le Monde, n’hésite pas à déclarer que «le scénario que Fahti a écrit est l’un des plus forts que j’aie jamais lu. On ne peut pas penser tout le temps à la mort, mais ça vous motive d’avoir des memento mori, ça rend les choses plus intenses».
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De l’autre côté
Même critique du scénario dans www.signandsight.com, site culturel allemand en anglais: «Cela prend un bon 40 minutes avant que le film ne développe pleinement son argumentaire, et avant que le drame ne ce soit noué, on en est à 90 minutes. Mais Akin a choisi tout à fait délibérément ce rythme lent à énerver le spectateur: il précède même chacun des deux premiers chapitres sur trois de titres qui soulignent ce qui va suivre»

Mais aussi un compliment: «Il semble bien qu’il (Akin) a été influencé par les films de voyage de Rossellini, dont la clarté et la simplicité forment une transition malaisée avec notre temps». Quant à Nurgül Yesilcay, elle se voit créditée d’une appréciation lus qu’élogieuse: «Elle a l’étoffe des stars and elle ne va pas passer inaperçue à Cannes. Le ciel est sa limite».

Une phrase de Hanna Schygulla dans Le Monde donne au film sa perspective politique. Alors qu’on lui demande si elle connaît bien la Turquie, elle répond «Non. J’y ai déjà tourné avec Erden Kiral, L’exil bleu, mais c’était il y a plus de dix ans. Le pays a changé. Il y a tellement de jeunes alors que l’Europe est vieille. J’ai toujours pensé qu’il était bon de faire des choses créatives ensemble».
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Rédaction Babelmed
(28/05/2007)

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