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  Colonisations et Indépendances dans les cinémas arabes | babelmed Aflam organise le festival de cinéma «Colonisations et Indépendances dans les cinémas arabes» à Marseille à la Bibliothèque d’Alcazar et au Cinéma Les Variétés, du 18 au 22 avril prochain. Cette manifestation propose une sélection de films réalisés par des cinéastes arabes uniquement. Une occasion pour mieux comprendre les points de vue arabes sur la colonisation européenne, les différents mouvements de résistance et la question des identités nationales, mais aussi les frustrations et les humiliations des colonisés.

Combien je vous aime (1985) du réalisateur algérien Azzedine Meddour ouvrira le festival. Dans ce film, le réalisateur dresse un portrait de la colonisation française en Algérie à partir d’extraits de journaux télévisés. Le film est un documentaire plein d’humour et d’ironie, pas tant sur l’histoire que sur le discours qui l’a accompagné.
Le festival se poursuivra avec Chroniques des années de Braise (1974) du cinéaste algérien Mohamed Lakhdar Hamina. Ce long métrage, qui a été recompensé à Cannes par le Palme d’or en 1975, représente la vision personnelle d’un paysan pauvre qui quitte son village pour la ville à la recherche d’une meilleure condition de vie et découvre, petit à petit, la cause unique de sa misère et de son exploitation: le système colonial. Colonisations et Indépendances dans les cinémas arabes | babelmed De nombreuses autres projections ponctueront ces journées cinématographiques:
Le Regard du réalisateur marocain Nourredine Lakhmari (2004) retrace le parcours d’un photographe francais. Ce dernier décide, à 70 ans, de retourner dans le village marocain où il a fait son service militaire comme photographe, 50 ans auparavant. Ce retour est en quelque sorte une rédemption...

Le film le plus récent du festival, Be quiet (2005), réalisé par le palestinien Sameh Zoabi, a obtenu le Prix du court-métrage à la Biennale des cinémas arabes de Paris, il a été programmé dans de nombreux festivals, dont Cannes et la Rochelle. Ce long métrage pointe avec finesse les répercussions de l’occupation militaire israélienne sur l’éducation d’un petit garçon palestinien.
Il sera suivi par la projection de Kafr Kassem (1974) du réalisateur libanais Borhane Alaouié. Ce long-métrage propose une analyse politique des conséquences de la nationalisation du Canal de Suez par Nasser et de la mobilisation armée qui l’accompagne, en mettant en scène l’histoire du massacre du village palestinien occupé: Kafr Kassem. Le film a été recompensé par le Tanit d’Or au Festival de Carthage en 1974.

Le film franco-syrien La nuit (1992) de Mohamed Malas clôturera cette troisème journée. Ce long-métrage a reçu le Tanit d’Or aux Journées Cinèmatographiques de Carthage et le Grand Prix du Festival de Films de Fribourg en 1993. La nuit est un film poétique, un hommage émouvant que rend le réalisateur à son père, à travers le regard de l’enfant qu’il fut et qui se souvient du sentiment d’humiliation qui colle à l’image paternelle comme à celle de sa ville natale, Qoneitra, occupée en 1967 par les Israéliens.

Le quatrième jour de ce festival sera particulièrement intense. Trois projections sont prévues:
Tahia Ya Didou (1971) du réalisateur algérien Mohamed Zinet est un film à petit budget et une belle preuve qu’un cinéma d’auteur peut casser les principes de la production lourde... Plein de jeux de mots et de références aux codes culturels algérois, ce film a pour particularité de dédramatiser la guerre en la rapportant au quotidien, démultipliant ainsi l’impact émotionnel.

La Terre (1969) du célèbre réalisateur égyptien Youssef Chahine, recompensé à Cannes pour l’ensemble de son oeuvre en 1997, raconte l’histoire des paysans d’un village de Haute-Egypte dans les années ‘30, affamés par les mesures restrictives imposées pour l’irrigation. Face à l’injustice qui perdure, ces derniers décident de reprendre la lutte contre le pouvoir en place, toujours sous domination anglaise.

Noce en Galilée (1987) signé par le cinéaste palestinien Michel Khleïfi, a été primé au festival de Carthage en 1988. Ce film, entièrement construit sur le sentiment de menace, recrée un microcosme explosif dans un village palestinien occupée par l’armée israélienne. La célébration d’un mariage met en évidence les frontières fragiles qui séparent les communautés israélienne et palestinienne. Enfin, deux films clôturent le festival:
Sejnane (1974), du réalisateur tunisien Abdellatif Ben Ammar, dévoile à travers les péripéties de son protagoniste, la violence de l’occupation française dans la Tunisie des années 50. Depuis l’assasinat de son père par une organisation secrète coloniale, Kémal se pose des questions sur la situation politique de son pays. Cette quête personnelle complique considérablement sa vie, et le conduit à vivre un clivage entre sa vie sentimentale et sa vie professionnelle.

Le lion du désert (1980), réalisé par le cinéaste américano-syrien Mustapha Akkad, traite d’une page de la colonisation peu connue en retraçant la vie du nationaliste libyen Omar al Mokhtar, leader charismatique de la lutte armée contre l’occupation italienne. (13/04/2007)
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