Exposition ‘Venise et l’Orient’ | babelmed
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  Exposition ‘Venise et l’Orient’ | babelmed A lire la presse de ces derniers jours, vous pourriez croire que le sort de la négociation d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne est suspendu aux péripéties de la pré-campagne présidentielle en France –des déclarations de N. Sarkozy au voyage de J. Chirac en Arménie- ou aux subtils équilibres de la «grande coalition» allemande, au sein de laquelle la droite est pour l’adhésion de la Turquie et la gauche en faveur (et pour cause, elle doit une partie de ses suffrages aux allemands d’origine turque).

Si vous ne savez plus à qui vous fier, courez voir cette exposition rassurante de l’Institut du Monde Arabe à Paris intitulée «Venise et l’Orient»: il fut un temps, pas si lointain, où l’Occident et l’Orient vivaient en harmonie, un temps où ces voisins s’échangeaient des marchandises et des idées, où leurs créations artistiques se mêlaient au point de confondre, encore aujourd’hui, les meilleurs experts.

Vous y verrez des portraits de sultans ottomans exécutés par des peintres vénitiens, des textiles des tapis, des verreries et des céramiques, des bijoux, quelques 250 objets venus des meilleures collections de par le monde. Exposition ‘Venise et l’Orient’ | babelmed Comme le dit justement la présentation du site Internet de l’Institut du Monde Arabe, «Rarement deux destins ont été aussi intimement liés, malgré les antagonismes et les péripéties de l’Histoire. En effet, Venise, cette cité-Etat européenne, qui a exercé une suprématie économique et commerciale pendant des siècles en Méditerranée, avait instauré, depuis le Ixe siècle, des rapports privilégiés avec les dynasties du Proche-Orient et tissé des liens solides avec Le Caire, Damas et Byzance-Constantinople».

Aujourd’hui, les péripéties de l’Histoire nous accompagnent toujours, elles se nomment turbulences au Caucase, guerre civile en Irak, tensions en Iran, guerre au Liban ou étouffement en Palestine. Les antagonismes sont toujours là, entre Islam et Chrétienté, entre Chiites et Sunnites, entre ethnies et entre cultures. Mais la conscience d’une communauté de destin n’est plus aussi vive qu’au 16e ou au 17e siècles.

La très belle initiative de l’Institut du Monde Arabe associé au Metropolitan Museum de New York a donc aussi un mérite politique : illustrer que les destins des nations peuvent être unis par des liens très intenses qui transcendent les soubresauts de l’Histoire. Puissent nos politiciens visiter cette exposition-mémoire.
Rédaction Babelmed
(03/10/2006)

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