Lavis au marc de café | babelmed
Lavis au marc de café Imprimer
babelmed   
 
Lavis au marc de café | babelmed
L’exposition du 5 janvier au 17 février 2006 à la Galerie Europia présente les derniers Lavis au marc de café de l’artiste syrien de Kazem Khalil.
Étymologiquement, le lavis signifie un dessin lavé, sa pratique nécessite de l’encre (ici en l’occurrence le marc de café) diluée avec de l’eau, c’est ainsi que l’on pourra obtenir des nuances de marrons et une douceur dans la trame du doigt puisque Kazem se sert essentiellement de sa main comme outil.
La peinture pour Kazem est d’abord une question sensible. Sa matière est lourde de symbolique. Le support, le plus souvent des papiers de tous formats et de tous grains, est renforcé par son Ocelium de prédilection: le marc de café. Le résultat est surprenant. Des corps se touchent, se côtoient, se regardent, tournent le dos au spectateur. Des ombres d’hommes et de femmes s’entremêlent et se suggèrent. Mais il y a surtout le corps féminin, celui de la femme arabe conteuse qui, par un geste ancestral au Moyen-Orient, observe et déchiffre les dessins qui apparaissent peu à peu dans le marc asséché de sa tasse à café. Or, Kazem nous donne à voir autrement cette femme. Les contours du corps se dessinent progressivement, et bientôt c’est le corps désiré et sacré qui occupe tout l’espace du papier. Ce ne sont plus des motifs géométriques ou floraux qui se répètent à l’infini en horizontal et vertical aboutissant à la perfection de la forme. Mais ici ce sont des corps alignés qui se répètent et tentent de suggérer le mouvement. Ainsi, ces corps en mouvements nous projettent dans la loi que Léonard de Vinci incite tout peintre à montrer «le mouvement de l’âme du sujet, sa psyché».
Les lavis de Kazem nous introduisent dans une autre pesanteur du corps féminin, celui que la tradition a refoulé et qui resurgit. Conteur ou conté, support organique de formes sensuelles, le marc de café sert peut-être à la résistance, à la survie?

Ola Abdallah

L’artiste Kazem Khalil est né en 1965 à Lattaquié, ville côtière de la Syrie. Il vit et travaille en France depuis 2000 où il expose régulièrement.



(10/1/06)
mots-clés: