Film: J’ai vu tuer Ben Barka | babelmed
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  Film: J’ai vu tuer Ben Barka | babelmed Il était grand temps. Grand temps que le cinéma restitue ce qui reste l’un des épisodes les plus troubles des relations franco-marocaines, l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka à Paris le 29 octobre 1965.

Commémoration sous forme d’inauguration par le Maire de Paris d’une place au nom du charismatique leader tiers-mondiste, colloque au Lucernaire, et sortie du film de Serge Le Péron, voilà de quoi raviver le souvenir de ce douloureux épisode des années 60.

Mêlant travail documentaire, narratif de Marguerite Duras -admirablement incarnée par Josiane Balasko- et de Georges Figon -joué par Charles Berling-, et reconstitution cinématographique, le réalisateur s’acquitte fort bien de sa tâche. Jean-Pierre Léaud est un remarquable Georges Franju tandis que Simon Abkarian se coule fort habilement dans les habits de l’opposant marocain.

Ce film ne restera certes pas dans les annales comme un monument du 7ème Art, mais au moins constitue-t-il une honnête tentative de mettre en perspective les évènements tragiques de ce 29 octobre 1965. C’est son principal mérite que de mettre bout à bout ce que chacun a confusément archivé dans sa mémoire, mais sans nécessairement en avoir une vue globale.

Un regret peut être: que la posture de leader tiers - mondiste de Ben Barka soit mise en avant - expliquant ainsi à demi mots l’agacement qu’il provoquait auprès de la CIA - au détriment des aspects de politique intérieure marocaine – plus de 100 morts dans des émeutes à Casablanca, tractations entre le Palais royal et Ben Barka pour qu’il revienne aux affaires, conditions mises par l’intéressé pour ce faire - qui furent probablement déterminants dans sa disparition.

Un élément de satisfaction pour conclure: le film a été réalisé avec le soutien du Centre Cinématographique Marocain. Même si cela peut expliquer que certains aspects de l’affaire Ben Barka soient évoqués de manière plus que feutrée, il est très remarquable que l’organisme de référence du cinéma marocain se soit prêté au travail de mémoire au sujet d’un épisode sombre de l’histoire contemporaine du pays. Rédaction Babelmed
12/11/2005
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