Cent jours sans | babelmed
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  Cent jours sans | babelmed 1 FOIS SANS

«C’est l’histoire de ces vaincus que nous rapportons ici». Il y a dix ans, Florence Aubenas introduisait par cette phrase son livre sur le Rwanda. Ce que cherche Florence, et ce qu’elle rapporte, c’est la parole des vaincus. Des brisés, des spoliés, des oubliés, des humains broyés dans les tourmentes créées et voulues par les hommes. Pas d’idéologie dans ce travail obstiné, courageux et patient, pas l’ombre d’un présupposé. Trop de sens de la dérision. Trop d’intuition. Trop de finesse. Mais vous le savez comme moi, vous la lisez, vous qui l’avez rencontrée dans son travail, vous qui l’avez croisée, de France, de Belgique, d’Algérie, d’Afrique, des Balkans…
Voilà sans doute pourquoi nous disions qu’elle allait nous revenir, sa mission achevée, comme toutes les autres fois, parce qu’elle avait trop d’intelligence pour faillir, trop d’humanité pour n’être pas entendue. Parce qu’elle était trop aguerrie, aussi. Imbéciles que nous sommes. Florence est comme les autres, comme ses confrères juste libérés, comme les Irakiens enlevés chaque jour, la cible de la cruauté aveugle de vainqueurs temporaires.
Face à cette cruauté, nous n’avons pour armes que la pensée et la parole. Utilisons-les, ce sont les siennes, ce sont les nôtres. Nous avons commencé, continuons. Toutes les informations sur les initiatives et les possibilités d’agir sont rassemblées sur un site aux noms de Florence et Hussein. Nous, ses amis, ses collègues, avons créé il y a quelques semaines un comité de soutien pour que vous soyez tenus informés, pour que nous soyons plus efficaces ensemble. Et ne dites pas que tout cela ne sert à rien. Parce que c’est une logique de victimes. Parce que nous avons besoin de la journaliste Florence Aubenas, et de celui qui travaille avec elle en Irak. Pour une question d’intelligence du monde, et de liberté. Marie Desplechin
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