Commun ?

 

Qu’avons-nous encore en commun?
 

Des voix espèrent que ce confinement, qui nous ramène tous dans le dedans - celui de nos demeures et celui de nos êtres - nous redonne un sens du commun, justement parce que nous sommes privés de partager l’espace commun. Mais le partagions-nous seulement vraiment ?

Qu’avons-nous encore en commun ? Pour le moment nous partageons la contrainte et l'interdit. Le commun par la soustraction. Alors que le commun devrait être addition.
 

Qu’avons-nous encore en commun? Le fait d’être ramené à notre condition de commun des mortels, d’être mortel. Encore une soustraction.
 

Le sens commun ? Mais finalement ce commun là aussi est perdu, sinon nous n’en serions pas là.
 

Particulier. Individuel. Nous ne savons plus quoi faire du commun.

Peut-être que ce que nous avons en commun, malgré tout, c’est l’envie de vivre, et qu'après des semaines à devoir faire face à la fragilité de notre commun, nous serons capables d’en créer un plus beau.