Exposition "Violence" à Paris de Hope Mokded

Pour cette exposition Violence, il me tenait à cœur de pouvoir exprimer les violences visibles et invisibles faites aux femmes. J’ai pris le parti de revenir à la figuration ce qui me permet de confronter le spectateur face à son voyeurisme et lui donner la possibilité d’agir. J’ai donc décidé de représenter des corps fragmentés, disloqués, ce qui m’a permis de faire apparaitre des traces de violence tels que les bleus et l’excision comme preuves de cette violence physique, psychique et/ ou morale. La société banalise ces violences par son indifférence du vécu des femmes en privé comme en public générant ainsi tortures et féminicides encore à notre époque. Mes peintures expriment la passivité de notre société sourde négligeant les cris des femmes et cautionnant le système patriarcal machiste.
Mes peintures représentent l’expression de la douleur, de la souffrance, des drames conjugaux, des crimes passionnels, la torture, les cauchemars, la mort, le deuil, l’avortement et la perte.

J’essaye de mettre en scène la victime de violence dans un espace qui correspond à son chagrin, sa sensation de perte, de choc, d’abandon, de défaite et de vertige. Cet espace intérieur représente le lien de la femme avec le privé et l’intime enfermée dans ces lieux clos, cachée au regard du quidam soulignant de nouveau l’oppression de l’homme sur la femme. Dès qu’elle revendique le droit de sortir dans l’espace publique et d’exprimer à haute voix ces droits, elle est attaquée et traitée de sorcières ou tout simplement marquée dans ses chaires par une volonté de domination totale de son corps et de son esprit. L’enferment devient inévitable. Abandonnée par son entourage, tombant dans un gouffre, elle est seule pour réapprendre à vivre, survivre avec ces dégâts malgré les traumatismes pesants. Parfois même l’ultime peut surgir, la mort comme issue possible. Dans ce gouffre elle est représentée les seins sectionnés ce qui illustre une partie de soi coupé et le regard biaisé sur soi- même illustrant la perte de l’estime de soi, la perte de confiance dans la personne qu’on aime, la sensation de culpabilité et de mal être, le cœur coupé, déchiré. Je fais appelle ici au symbolisme renforçant le sentiment d’évidence du spectateur. Il n’est plus possible pour lui de se dérober. Mon choix de reprendre certaines œuvres connues des artistes tel que (Bacon, Van Gogh) participe aussi à capter le regard du spectateur qui ne peut plus s’échapper : il ne remarque plus que les différences montrant de manière cru le traumatisme sous-jacent.

Hope Mokded est née en 1988 à Gabès en Tunisie, elle a fait ses études à l'institut supérieur des Beaux-arts de Tunis en spécialité gravure et elle a obtenu un master recherche en arts plastique à Strasbourg où elle a axé ses réflexions sur la problématique de la violence invisible, qu'on pourrait définir comme une violence sociétale acceptée et sur comment, en tant qu'artiste et femme, créer une trace de cette violence afin de rendre celle-ci intelligible. Elie vit et travaille à Paris, elle a fait ces dernières années des expositions personnelles et collectives.


Dans le cadre du festival Cineffable à Paris, du Workshop "c'est quelque part par- là » au Syndicat Potentiel à Strasbourg, une Exposition au CEAAC « There is no place Iike home» avec une installation photographique Chaos Echoes, une Exposition personnelle à La Station LGBTI Alsace "Végétations" ,une Exposition collective au Festival d'art Feministe de Strasbourg Femfest « Subjectivité Féminine ».


Son exposition personnelle Vulvnérable à Violette and Co Paris , et à Tunis à el teatro . En exposition Collective avec le collectif action Hybride dans « I m my body i’m my memorie » à Venise et dans le 59 rue de Rivoli.


ElIe a participé par ses Films à de nombreuses Festival et évènements tels que Le Festival Art féministe Chouftouhonna 2016 par son court métrage « Brurme », et par le film « Le bleu de tes yeux » au Festival Printemps CulturelTunisien à Paris, Le Festival International du Film Amateur de Kélibia (FIFAK - TUNISIE) et au Festival for the 4th edition of Olhares Mediterrâneo à Lisbonne .


Elle a exposé dernièrement au Bozar à Bruxelles où elle a travaillé avec la commissioneuropéenne dans le festival Résonnances 3 en tant qu’Expert artist.

Vernissage : le 4 mars à 19h.

Exposition du 2 au 29 mars 2020.

Entrée libre.

63 rue Beaubourg Paris, France
http://www.centrelgbtparis.org