Les Damnés de la Terre Sainte

MARDI 28 janvier 2020, le président américain, Donald Trump, dévoile son plan de Paix censé mettre un point final au conflit israélo-palestinien. 80 pages de captation de l’autre par l’Autre. Le premier ministre Netanyahou est si content qu’il en perd son air sévère. La Palestine, terre d’exil, est rayée de la carte du monde et les Palestiniens sont à ce point déniés qu’ils sont tout bonnement exclus des négociations qui scellent leur sort. Et pourquoi pas ?

En l’état actuel de désunion des Arabes, n’est-ce pas normal que les plus forts mènent la danse pour préserver leurs intérêts ? La plupart de ces pays, Saoudie en tête, ont depuis longtemps choisi leur camp. La non-reconnaissance de l’État d’Israël n’est que façade et de mon point de vue, n’a plus lieu d’être dans la mesure où elle ne fait que le jeu de l’ennemi.

On peut bien sûr mener des négociations à la seule faveur d’Israël et dessiner les contours d’accords qui maintiennent les Palestiniens sous le joug de l’apartheid, mais qualifier cette aberration de « Paix » c’est pousser le cynisme un peu trop loin. Mais bon, pourquoi pas ? Après tout, en face, personne ne réagit. Mieux, Tous ou presque saluent cette ultime prise d’otages des Damnés de la Terre Sainte. La Ligue arabe parle de « violation des droits des Palestiniens ». Parce que, selon leurs remarquables et très remarquées prises de positions, les Palestiniens ont des droits maintenant ?

Il n’est pas question pour moi ici de faire, refaire ou défaire l’Histoire. Je veux seulement dresser le constat d’un énième échec. Si Nous étions dès le départ du mauvais côté de l’Histoire, celle des Nations et de leurs Droits exclusifs, cela ne signifie pas pour autant que nous ayons vocation à être des dominés. Les Palestiniens n’ont pas voix au chapitre parce qu’aux yeux de l’Autre, ils n’existent pas. Pire, ils sont ce que l’Autre décide au gré des conjonctures. Ils sont l’idée qu’il se fait d’Eux, les poussant sans cesse dans des retranchements qui les isolent chaque fois un peu plus. C’est là le dilemme d’une tragédie où les victimes n’émeuvent plus. Alors, Gloire aux vainqueurs ?

Ferida Pacha. Paris, jeudi 30 janvier 2020