Incertitude et peur à la veille des élections en Algérie

Nassima et Ilhem, deux jeunes algériennes vivant à Alger ont confié à BAB leurs ressentis à la veille des élections présidentielles prévues jeudi 12 décembre. Malgré les craintes de l'inconnu, toutes deux sont déterminées à poursuivre un changement qui, pour elles, est en cours.

Rien n'y a fait. Ni les marches répétées du vendredi rassemblant des milliers d'Algérien.ne.s. Ni les slogans clairs rejetant le vote. Ni les multiples actions de protestation contre les élections. Malgré les cris du peuple, les autorités algériennes ont décidé de maintenir le scrutin présidentiel du jeudi 12 décembre, très décrié du fait de la candidature de cinq personnalités politiques, toutes liées à l'ancien régime d'Abdelaziz Bouteflika. Face à ce scénario, l'ambiance est lourde dans les rues de la capitale. Nassima, jeune étudiante de 21 ans et Ilhem, entrepreneuse de 32 ans racontent comment elles vivent cette situation.

« J'ai peur parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer après les élections, c'est l'inconnu. Ca peut très bien se passer comme ça peut mal tourner si le peuple se révolte plus et que l'armée décrète l'état d'urgence, confie Nassima, étudiante en langues à Alger. A l'université, tout le monde en parle mais personne ne sait vraiment ce qui va se passer. Il y a de nombreux débats mais à la fin on en est toujours au même point. Beaucoup d'étudiants qui ne sont pas originaires d'Alger ont préféré rentrer chez eux en début de semaine pour être près de leur famille car après le 12, on ne sait pas ce qui va se passer. Personnellement, je continue à espérer un avenir meilleur pour mon pays avec une vraie démocratie dirigée par de nouvelles têtes politiques ».

« Mon sentiment est que le monde ne va pas s'arrêter le 12.12. Pour moi qu'il y ai un président ou pas, le combat devra se poursuivre, il faudra continuer à lutter contre un système de corruption, à s'organiser comme association, à créer des espaces de débat, témoigne de son côté Ilhem, 32 ans, jeune entrepreneuse. Quel que soit les résultats, le vrai changement prendra du temps, 5 ou 10 ans car le peuple vient de se réveiller.»

Mais au delà de son premier sentiment, la trentenaire confie également avoir une préoccupation : «Ma grande peur cependant, c'est que la jeunesse qui a eu un espoir de faire changer les choses, désespère et décide, par exemple, de quitter massivement l'Algérie. J'espère vraiment que les jeunes vont se dire que construire un pays c'est rester dans son pays. Personnellement, je me dis que je continuerai à me battre au quotidien, à travailler sur des projets qui peuvent changer un peu la société en essayant d'être sur le terrain, de sensibilier sur le fait que la femme est une force économique, de partager au maxium mon expérience avec les plus jeunes. Même s'il y aura un président, j'espère que le collectif va continuer à l'emporter comme ce qui se passe depuis le début du soulèvement populaire, le 22 février. Le changement existe, il a déjà commencé, il s'agit de le continuer ».


 

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