Ben Ali est mort et tout le monde s'en fout?

Ben Ali est mort et à Tunis personne n’a bougé. Rien. Nada. Pas de klaxon. Pas de cris de joie. Pas d’attroupement. Pas d’effusion. La ville a continué à vivre sa journée, dans la langueur d’une journée humide et chaude de septembre. 

Le dictateur déchu est décédé en Arabie saoudite où il vivait en exil depuis le 14 janvier 201, date à laquelle le soulèvement du peuple tunisien l’avait chassé du pouvoir. Il y a quelques jours une rumeur disait qu’il était hospitalisé. Le voici maintenant mort. Un post de sa fille sur Facebook confirmait la nouvelle.

Le journal La Presse s’est contenté d’un petit encadré en Une ce matin. Le journal Le Temps de quelques lignes seulement. Un traitement inimaginable il y a quelques années seulement. Finalement c’est l'indifférence qui prend le dessus. Les Tunisien.ne.s semblent être passé.e.s à autre chose. Ou presque. Sur les réseaux sociaux les nostalgiques n’ont pas tardé à pointer leur nez.

Je suis attristée de cette nouvelle...

Mais la plupart des réactions revenaient en fait sur la manière dont le dictateur oppréssé le peuple, avait une main mise sur le pays et faisait usage de la violence à l'encontre de ses opposants.

 

Je lui dois mes premières images de propagande, tous les soirs au JT sans faute !
Les affiches, les cadres, les photos de lui, partout : à Tunis, à Solimane, à Béja, à Jendouba et dans toutes les villes qui avaient le malheur de vivre sous son régime. (2/9)

— Fatma Torkhani (@TFaatma) 19 septembre 2019