« Maroquinades », viols de masse en Italie en 1944

Goumiers du Corps Expéditionnaire Français@La Stampa.it

 

En France le terme « maroquinades» est encore largement méconnu : rien dans les programmes d’histoire, peu ou prou dans les médias. Mais que sait-on précisément de ces viols de masse perpétrés par les soldats du Corps Expéditionnaire Français en Italie au moment de ce qui aurait dû être une libération à part entière pour les populations et qui vira en un cauchemar dantesque ?*

Chars et matériels militaires allemands détruits sur la route d’Esperia@LaStampa.it

 

Le terme « marocchinate » désigne en italien les victimes des viols de masse, et par extension les razzia, exécutions sommaires commis par le Corps Expéditionnaire Français à partir du mois de janvier en Campanie, puis massivement dans le Latium méridional en mai 1944, pour se poursuivre en Toscane jusqu’à ce que ces troupes ne soient embarquées à Elbe pour la Provence en juillet. Ce sont au total 112 000 soldats enrôlés aux deux tiers en Algérie, Maroc et Tunisie que dirige à partir de janvier 1944 le Général Juin accusé par les populations locales d’avoir autorisé ces violences sur des civils sans défense, affamés et écrasés par l’occupation allemande. Un butin de guerre contre l’exploit de guerre qui consistait à forcer la ligne Gustav sur le Mont Cassin, considérée inexpugnable. 12 000 viols au bas mot auraient été commis dans le Latium par les goumiers. Le mot vient de « goum » qui désignait l’unité de police coloniale mise en place par les Français au Maroc pour réprimer les révoltes dans le royaume chérifien et pour servir, par la suite, hors territoire marocain durant les deux guerres mondiales. (1)

Cette sombre page de la campagne d’Italie, totalement méconnue des Français et des Maghrébins, et a été en partie refoulée dans l’imaginaire collectif italien. Plusieurs décennies plus tard, une question lancinante se pose : pourquoi la construction européenne n’a-t-elle pas su produire une narration partagée sur les « maroquinades» ? Comment appréhender ce vide face au besoin de réparation des populations violentées? Pourquoi, en Italie, la mémoire des «maroquinades » s’est-elle enkystée dans la sidération et le silence, pour se réactiver par à-coups en saignements mémoriels laissant deviner une blessure incicatrisable ?

 

Récits nationaux antagonistes

En Italie, iI faut attendre plus d’un demi-siècle pour voir apparaître dans les années 1990 les premières recherches historiques documentant les viols de masse dans le bas Latium, notamment celles de Daria Frezza et Gabriella Gribaudi.

En France, deux reconstructions importantes sur les crimes de guerre commis par l’armée française ont été récemment publiées (2) : celui de Julie Le Gac Vaincre sans gloire, le corps expéditionnaire français en Italie (2014) et Amère Libération d’Eliane Petriarca (2017) (3). Mais durant toute la seconde moitié du XXe, les discours officiels et les historiographies françaises et italiennes sur les « maroquinades» sont totalement discordants. La campagne d’Italie de Jean-Christophe Notin, seul référent bibliograhique d’alors, est un bon exemple de la glorification du Corps Expéditionnaire Français véhiculée à travers un système de représentations tenaces pendant plusieurs décennies. Le saccage et les viols attribués aux soldats coloniaux y sont présentés comme des incidents sporadiques sur un territoire où la prostitution était généralisée (4). L’historienne Gabriela Gribaudi, qui a collecté dans les régions des Aurunci, de la Ciociarie et de Frosinone des dizaines de témoignages qui l’ont impressionnée par l’extrême violence relatée, n’a pas hésité à accuser Notin de négationnisme. (5)

Cette spécificité de la France à ne pas reconnaître sa responsabilité dans les crimes de guerre est pointée en ces termes par l’historien Dimitri Nicolaïdis : « Dans les consciences françaises, écrit-il, le crime contre l’humanité est une notion qu’on rattache à la Nation allemande et à son passé nazi. Jamais la France des droits de l’Homme et de la tradition démocratique n’aurait laissé commettre de tels crimes en son nom ! Et pourtant, pour s’en tenir au XXe siècle, qui connaît l’existence des camps de concentration créés en 1939 par la République française, qui a entendu parler de la répression à Madagascar en 1947 et de ses dizaines de milliers de victimes, sans parler de l’Algérie avant 1954 ou de la ratonnade du 17 octobre 1961 à Paris ? Ces faits, comme beaucoup d’autres, ne font pas partie de notre histoire officielle et ont été largement escamotés dans notre mémoire collective… » (6)

Les mémoires maghrébines de la campagne d’Italie ont été, elles aussi, quasi inexistantes tout au long du XXe siècle, englouties par le discours officiel de la France sur la Libération. Seule, la sortie du film « Indigènes » de Rachid Bouchareb rompt le silence en mai 2006. Il dénonce, à travers l’épopée héroïque de quatre soldats maghrébins, les conditions déplorables et discriminatoires vécues par les troupes coloniales. Mais le film ignore totalement les crimes de guerre qui leur sont imputables.

 

Sans pour autant reconnaître pleinement la portée de ces viols de masse, l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun ouvre pourtant une brèche dans une interview relâchée au quotidien napolitain « Le Matin », le 10 septembre 1993 : « C’était surtout des gens qui vivaient dans les montagnes : bergers, petits agriculteurs et pauvres, dit-il à propos des soldats de CEF. Les Français les ont rassemblés, les ont chargés de force sur les camions et les ont emmenés à des milliers de kilomètres de chez eux pour effectuer d’autres actes de violence. Leurs actions brutales doivent être vues dans ce contexte…». Cependant les études coloniales ne s’intéresseront pas à cet épisode dont se saisiront, dans leurs combats démocratiques, surtout les féministes italiennes grâce à l’UDI (Unione Donne Italiane), association de femmes antifascistes créée en 1945 qui deviendra un mouvement très populaire dans l’Italie de l’après-guerre.

 

Mémoires individuelles et mémoire collective : l’impossible équation

Et de l’autre côté des Alpes, en Italie, comment le travail de mémoire a-t-il opéré ? Comment expliquer que les sévices subis par les 12 000 femmes que l’UDI recensent en 1950 ne trouvent pas l’écho escompté dans la mémoire publique de l’après-guerre ? Seules les femmes œuvreront pour d’autres femmes, notamment à travers l’action portée par la députée Madalenna Rossi qui sillonna les villages du bas Latium pour recenser les innombrables victimes auxquelles l’Etat italien et les institutions avaient tourné le dos. Le discours qu’elle fit au Sénat est particulièrement émouvant mais restera lettre morte. Dans les faits, il faut une gestation de cinquante ans pour que les mémoires des victimes se frayent une place dans les travaux des historiens et des historiennes. Les témoignages recueillis font état de scènes d’une brutalité déconcertante. Les viols sont généralement commis par les groupes de goumiers en présence des hommes de la famille souvent abattus en tentant de défendre fille ou épouse. Les mères essaient en vain de protéger leur fille en faisant bouclier avec leur propre corps. Ce qui caractérise encore ces viols collectifs, ce sont les coups, les blessures, les sévices corporels, l’acharnement physique qui s’abat sur les victimes ; le fait aussi que les vieilles femmes, les hommes et les enfants subissent, bien qu’en nombre inférieur, le même sort. En violant, en détruisant le corps, c’est bien évidemment le corps social de la communauté locale et nationale qui est disloqué, ravagé par l’affirmation d’une masculinité triomphante. « Le viol en temps de guerre est la pénétration d’un pays par la pénétration du féminin », explique Georges Vigarello (7).

Paradoxalement, la communauté ciociare ne se soude pas autour des victimes des maroquinades. Une fracture entre le groupe et l’individu a lieu. La remémoration est empêchée, le traumatisme collectif muselé, quant aux victimes beaucoup d’entre elles préfèrent cacher et taire les horreurs vécues. L’équation entre mémoire collective et individuelle n’opère pas. La remémoration ne coagule pas. Un silence tacite s’installe, un malaise mémoriel enveloppe les faits et bloque l’historisation. Les victimes subissent une triple peine. D’abord le viol et l’anéantissement d’elles-mêmes, puis leur stigmatisation au sein même de leur communauté, enfin leur abandon par les autorités italiennes.

«La violence changea profondément la vie de tant de femmes, écrit Gabriella Gribaudi, Les jeunes filles violées restèrent marquées par la honte subie. Beaucoup d’entre elles furent condamnées à la solitude, d’autres s’adaptèrent à des maris refusés par des jeunes femmes « saines » : veufs, boiteux, vieillards. » (8)

 

Civils en Ciociarie@La Stampa.it

 

La position ambiguë de l’Etat italien dans les négociations avec les alliés, la volonté de réhabiliter l’honneur du mâle italien, et la société patriarcale d’alors expliquent en grande partie la force du tabou. C’est dans ce contexte patriarcal qu’il convient de resituer le manque de narration et de confronter ce vide à une des plus intéressantes « fake news » de l’après-guerre. Il s’agit de la fameuse déclaration attribuée au général Juin qui aurait donné un blanc-seing à ses hommes pour piller et violer. Selon Tommaso Baris « Resté introuvable dans les archives, ce texte est apparu pour la première fois dans un volume publié en 1965 par l’Associazione nazionale vittime civili di guerra (9). Ainsi, cette ‘lettre retrouvée’, dont l’authenticité n’a pas été prouvée par les historiens, témoigne à elle seule du besoin de trace écrite de la part des populations locales qui ont vécu ce traumatisme sans pouvoir l’exprimer au sein d’un groupe mémoriel compact, ni l’inscrire donc dans la narration officielle de l’Après-Guerre italien.

 

La Ciociara : deux grandes narrations litteraire et filmique

Face à ce besoin de narration, seule la création artistique fut au rendez-vous. Le roman d’Alberto Moravia « la Ciociara » (1957) et le film éponyme de Vittorio de Sica (1960) ont su mettre en mots et en images les souffrances vécues par les victimes de la guerre durant les dernières convulsions de la Seconde Guerre mondiale (10). Double prise de parole mémorielle dans l’espace public, ces chefs-d’œuvre sont les deux seules productions esthétiques du XXe siècle à mettre en scène les « maroquinades » à travers le viol de Rosetta par les goumiers dans la petite église abandonnée où elle s’est réfugiée avec Cesira, sa mère.

Sofia Loren dans le film « La Ciociara » (1960) de Vittorio de Sica

 

« Le roman est une chronique de guerre, un livre sur les horreurs de la guerre » annonçait Aberto Moravia à son éditeur en 1949 (11). Le livre a eu besoin d’une gestation de dix ans : commencé en 1946, il n’est publié qu’en 1956. Il est irrigué de l’expérience vécue par Moravia durant les neuf mois passés avec Elsa Morante dans une cabane à Sant’Agata, minuscule village de Ciociarie, pour fuir la rafle nazie dont il aurait tôt ou tard été victime à Rome. « La Ciociara » est un roman polyphonique et moderne qui a eu avant tout l’immense mérite de mettre en scène le viol, sujet complétement tabou à l’époque. Ce qui attira à son auteur les foudres du Vatican qui le met à l’index. Cependant, il reste comme un impensé : en effet le viol -cantonné à la violence subie par Rosetta- n’est jamais appréhendé dans sa dimension de masse ; il y a également comme une incapacité à représenter la souffrance et la dévastation psychique de la femme violée. Ainsi le récit, pourtant très descriptif par endroits, raconte le viol sans cerner pleinement la douleur physique et psychique qu’il produit dans la réalité. Sinon comment expliquer que Rosetta soit capable de suivre Florindo pour aller danser, quelques heures seulement après son viol. Confrontant la fiction aux témoignages qu’elle a recueillis, Gabriella Gribaudi écrit: « Les vrais témoignages sont ceux d’une douleur et d’un désespoir sans fin. Et puis d’un calvaire entre médecins, hôpitaux, humiliations…On dirait que Moravia et De Sica n’ont retenu, eux aussi, que l’honneur perdu au détriment de la souffrance.» (12)

 

Hoquet mémoriel

En 1997, les Italiens apprenaient sur leur petit écran, à travers une émission télévisée de grande écoute, que les victimes des « maroquinades » n’avaient toujours pas obtenu justice puisque leurs demandes de pension de guerre étaient restées embourbées dans les méandres de l’administration italienne pendant plus d’un demi-siècle. Cependant malgré la volonté louable de faire mémoire publique, le reportage de RAI 2 s’articule autour d’une mise en scène rudimentaire et voyeuriste. Des questions sur leurs viols sont abruptement posées à de vieilles femmes exposées sur la place publique. Leur témoignage en dialecte est vulgairement arraché et traduit par un présentateur aussi mal à l’aise que maladroit. Et pourtant, malgré la gêne ressentie, regarder et écouter ces mémoires blessées permet de penser leurs ressorts discursifs, narratifs, symboliques.

 

Sequences reportage RAI 2

 

Ce hoquet mémoriel qui fait soudain irruption dans le salon des Italiens donne la mesure de l’intériorité de ces femmes qui n’a nullement été investie, discutée, mise en lien et en parole pendant plusieurs décennies, et laisse apparaître une douloureuse, voire impossible, entrée en résilience. En 2004, sera enfin diffusé par Rai Educational un documentaire d’une tout autre qualité où la parole finit par s’écouler, parfois en une cadence poétique émouvante, parfois en une expression laconique saturée par ce qui n’a pu être dit.

 

Sequences RAI 3 - Temoignages

De nouvelles perspectives

Il faudra attendre le début du XXIe siècle pour que les femmes écrivent sur les « maroquinades» en convoquant une forme de création au plus près de la matière autobiographique léguée par les victimes. Ainsi le recueil de témoignages de Stefania Catallo : « Le Marocchinate. La memoria scomoda della guerra » adapte à l’écrit la parole dialectale que lui ont livré plusieurs victimes des « maroquinades » en lui conférant une forme littéraire. La députée Maria Maddalena Rossi y devient personnage de fiction, tandis que les actes parlementaires sont retranscrits à la fin du livre (13). Cet ouvrage, qui mêle l’autobiographie, la transposition littéraire du récit des victimes, la fiction et la documentation historique, ouvre la voie à de nouveaux langages esthétiques.

 

Ce que ces créations pointent, ainsi que les travaux des historien.ne.s qui placent la parole féminine au cœur de leurs recherches, c’est qu’il n’est plus possible d’appréhender la violence faite aux femmes en dehors d’une histoire du genre.

La demande de pardon de certains enfants de goumiers aux victimes des « maroquinades » est également une marque encourageante afin de revisiter cette sombre page de l’histoire au prisme de la vérité, et qu’un récit en partage puisse en émerger. (14)

 

____________________________________________________________________________________________


(1) Tommaso Baris, Le Corps expéditionnaire français en Italie. Violences des “libérateurs” durant l’été 1944, in «Vingtième Siècle. Revue d’histoire», n. 23, gennaio-marzo, 2007, p. 48.

(2) Julie Le Gac, Vaincre sans gloire. Le Corps expéditionnaire français en Italie (novembre 1942-juillet 1944), Paris, Les Belles Lettres/Ministère de la Défense-DMPA, 2014.

(3) Éliane Patriarca, Amère Libération. Récit, Paris, Éditions Arthaud, 2017.

(4)Jean-Christophe Notin, La Campagne d’Italie (1943-1945): les victoires oubliées de la France, Paris, Perrin, 2007.

(5) Gabriella Gribaudi, Guerra totale. Tra bombe alleate e violenze naziste. Napoli e il fronte meridionale 1940-1944, Torino, Bollati Boringhieri, 2005, p. 513.

(6) Oublier nos crimes. L’amnésie nationale: une spécificité française?, a cura di Dimitri Nicolaïdis, Paris, Autrement, 2002.

(7) Georges Vigarello, trasmissione radiofonica «Concordance des temps», 12 gennaio 2013, Le viol, histoire d’un crime: www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/le-viol-histoire-dun-crime/.

(8) Gabriella Gribaudi, Guerra totale. Tra bombe alleate e violenze naziste, cit., p. 527.

(9) L’Italia Martire. Il sacrificio di un popolo, Roma, Associazione nazionale vittime civili di guerra, 1965, p. 266.

(10) Alberto Moravia, La Ciociara, Milano, Bompiani, 1957.

(11) Enzo Golino, Stupro in Ciociaria, in Alberto Moravia e La Ciociara. Letteratura. Storia. Cinema I, a cura di Angelo Fàvaro, Atti del convegno di Fondi, 18 dicembre 2010, in «Sinestesie. Rivista di Studi sulle letterature e le arti europee», numero speciale, gennaio 2012, p. 87.

(12) Gabriella Gribaudi, Guerra totale. Tra bombe alleate e violenze naziste, cit., p. 532.

(13) Stefania Catallo, Le Marocchinate. La memoria scomoda della guerra, Roma, Universitalia, 2017.

(14) La lecture de Le Partage des mémoires. La guerre d’Algérie en littérature, au cinéma et sur le web, Paris, Classiques Garnier, 2015, de Djemaa Maazouzi, a accompagné ce travail sur les maroquinades.

____________________________________________________________________________________________

*Ce texte est une version préparatoire de la contribution présentée au colloque international : Dire les traumatismes du XXe siècle. De l’expérience à la création littéraire et artistique italienne contemporaine

http://www.univ-paris3.fr/dire-les-traumatismes-du-xxe-siecle-de-l-experience-a-la-creation-litteraire-et-artistique-italienne--474204.kjsp?RH=1232617049682

Cette rencontre a été conçue et organisée à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, les 14 et 15 juin 2018 par Maria Pia De Paulis, Sarah Amrani, Brigitte Le Gouez et Viviana Agostini-Ouafi (université de Caen Normandie).

Les actes du colloque, qui paraîtront chez Cesati Editore (Florence) début 2020 sous la direction des enseignantes mentionnées, sont en cours de publication sous le titre :

Dire i traumi dell’Italia del Novecento. Dall’esperienza alla creazione letteraria e artistica

 

Related Posts

Gaza: la tentation de l'oubli - (Archives babelmed 2009)

18/01/2009

Gaza: la tentation de l'oubliDécombres, deuils, douleurs et incertitudes...Quand la tentation pourrait tendre à l'oubli, articles et appels se multiplient.

Carnet d’un retour en Palestine

27/10/2012

fadwa-0_110Ainsi donc, j’étais là, moi, la Palestinienne, la Libyenne de naissance, la canadienne de nationalité. J’attendais le car pour me rendre dans mon pays, la Palestine, en visiteuse.

"Babelmed Monde arabe". Enquêtes et reportages en Méditerranée

15/06/2012

Loin des simplifications, les journalistes de «Babelmed Monde arabe» proposent, à partir de ce mois de décembre, une série d'articles sur les citoyens de la rive sud de la Méditerranée, en Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Lybie, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie.