Tunisie : Sociologie de “la salope”

Puisque c'est le sujet du jour, et avant même d’arriver à celles qui sont dans “l’abstinence” par choix ou par obligation, il y a celles qui ont décidé (ça ne se décide pas vraiment, c'est l'appel de la chatte) d’avoir des rapports sexuels hors mariage, et voilà comment ça se passe généralement.


On évolue toutes dans un cercle social défini (secteur d’activité / classe sociale, etc..), du coup les rencontres se font dans ce même cercle. Une femme va y faire différentes rencontres, et avoir différents partenaires. Il suffit qu’elle dépasse un certain nombre de partenaires (on va dire au minimum 3) pour qu’elle soit étiquetée comme “Salope” dans ce cercle.


Du coup, le mec, il se dit : “oooh je ne peux pas m’afficher avec elle, il y a sûrement un mec dans le cercle qui a déjà couché avec elle.” Il va falloir la défendre, l’assumer, changer sa manière de parler les autres femmes, trop de sacrifices pour ses couilles.


Arrivées à un certain âge, certaines femmes vont vouloir sortir du cercle pour trouver des partenaires qui n’ont pas d’idées reçues sur elles. Certaines vont même jusqu’à rompre avec le cercle et ce qu’elles ont été, pour ne pas finir seules. Elles deviennent alors paranoïaques, parce que Tunis c’est petit et les histoires de cul ne sont pas si taboues. Une sortie et tout peut s’effondrer.


Dans ce jeu mesquin, les hommes sont les premiers responsables puisqu'ils finissent par obéir aux lois de la virilité, et vouloir une vierge au sens figuré (pour les plus ouverts) comme au sens propre (pour les plus stupides et complexés) .


Est-il nécessaire de rappeler à quel point les hommes parlent et dévoilent l’intimité de leurs partenaires féminines d'un soir dans les “gua3dét”?


Etre traitée de salope parce qu’elle a eu différents partenaires au cours de sa vie est presque inévitable pour une femme, sans oublier le jugement du compagnon parfois.


Je crois qu’un homme qui a peur de l'expérience de sa partenaire est un homme qui n’a pas confiance en lui et dépend totalement du groupe et vit pour les autres. Il n’est qu’une continuité logique de son éducation conservatrice et schizophrène, en conclusion, c’est un con et ne mérite même pas de toucher le corps d’une femme.

La dualité que nous vivons en tant que femmes est complexe et difficile surtout dans une société comme la nôtre. Comme si on devait coller à une seule image : l'intellectuelle / la superficielle / la mère de famille / la jeune maman / la jeune mariée / la carriériste. Alors que nous sommes tout ça à la fois. Accepter ces différentes femmes en nous est une libération. On peut lire Deleuze et danser sur "Crazy in Love" de Beyoncé ( tu sais de quoi je parle).

Tout ira bien, parole de salope.


L’auteure

 

 

 

Cette publication a été réalisée par l'auteure sur son compte Facebook.

 

 

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