«La route des femmes»

La dernière de cette sélection, à toi de choisir ! Démonstration de cardage et filage, en chantant bien sûr...

 

«Avant, les femmes d’ici ne savaient faire rien d’autre que travailler et manger… aujourd’hui, elles prennent part aux décisions qui régissent le village…» : parole d’homme, saluant « la route des femmes », et tressant une ode à Ytto, l’association qui les a encadré.es depuis la première caravane de la Citoyenneté en 2011. Ytto, c’est un symbole et un nom ancien qui résonne dans les mémoires. Cette fameuse rebelle berbère a mené un mouvement de résistance contre l’occupant français, dans les années 1900.

 

L’arrivée sur le toit terrasse de la Maison des femmes, le concours va commencer...

 

La vie change lentement mais sûrement à Aït Kalla. Si tous les Berbères connaissent depuis longtemps des conditions de vie rudimentaire, les femmes à Aït Kalla assument à elles seules la plupart des tâches quotidiennes, dont la cueillette du précieux safran et le tissage de leurs merveilleux tapis de laine. Depuis les visites d’Ytto jusqu’aux ateliers de formation à l’intelligence collective du Fonds pour les femmes en Méditerranée, les jeunes Berbères s’organisent peu à peu.

La Maison des femmes flambant neuve, resplendissant d’un rouge pourpre, vient de sortir de terre. A l’intérieur, les murs bruts de béton sont adoucis par la présence de métiers à tisser. Le plus imposant, quatre mètres de long, est bien placé pour que cinq femmes puissent s’y atteler ensemble. Sans dessin préalable, elles tissent en chantant, nouent brin à brin la laine qu’elles ont teinte, cardée, filée. Cela produit des tapis éblouissants où se mêlent jaune safran, rouge piment, noir du basalte, bleu, violet… Le produit de leurs ventes va être reversé à leur association. Reste à mettre en place le circuit de production et de diffusion qui leur assurerait une véritable indépendance financière.

 

Related Posts