Parcours zen de Roschdy Zem

Parcours zen de Roschdy Zem

Aujourd’hui, à quarante ans et des poussières, il peut s’enorgueillir d’une belle carrière. Il a certes parfois accepté des rôles quelque peu stéréotypés du beur de service: dans J’embrasse pas (1991) d’André Téchiné, il campait Saïd, un prostitué occasionnel. C’était son tout premier rôle, s’il l’on excepte sa figuration dans Les Keufs de Josiane Balasko en 1987. Et dans Change-moi ma vie de Liria Begeja, il était Sami, un travesti prostitué. Grâce à son talent, il s’est rapidement imposé dans des rôles plus diversifiés et a collaboré avec nombre de réalisateurs tant franco-français que d’origine maghrébine. Citons notamment Patrice Chéreau (Ceux qui m’aiment prendront le train, 1998), Bourlem Guerdjou (Vivre au paradis, 1998) mais aussi Pierre Jolivet qui lui permet via Ma petite entreprise d’être nominé au César du meilleur second rôle en 1999. Dans Chouchou (2002) de Merzak Allouache, il incarne, auprès de Gad el Maleh, un personnage improbable celui de Frère Jean. Hassan Legzouli lui offre dans Tenja (2005) un rôle plus grave celui de Nordine, fils d’un mineur marocain, qui quitte le nord de la France à destination du Haut Atlas, avec dans le coffre de son 4x4, un passager insolite: la dépouille de son père dont la dernière volonté est d’être inhumé dans son village natal. La même année, il campe un flic dans Le petit Lieutenant de Xavier Beauvois aux côtés de Nathalie Baye ce qui lui vaut une nouvelle nomination au César. Et toujours en 2005, il parle hébreu dans Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu. Mais son film le plus médiatisé à ce jour est incontestablement Indigènes (2006) de Rachid Bouchareb, qui lui a permis de décrocher lors du dernier festival de Cannes, le prix collectif de l’interprétation masculine qu’il partage avec Samy Naceri, Jamel Debbouze et Sami Bouajila. Ce long-métrage, retraçant le parcours de quatre anciens combattants nord-africains qui ont contribué à la libération de la France alors sous occupation nazie, lui tenait «particulièrement à coeur car c’est la première fois que l’on rend hommage à ces gens-là», reconnaît-il.

Parcours zen de Roschdy Zem
Roschdy Zem

«Dans le cinéma, confit-il, il y a beaucoup de postulants et très peu d’élus. Quand on est d’origine maghrébine, ça n’aide pas beaucoup mais à la base c’est difficile pour tout le monde». Pour autant, il n’y a quasiment pas de période creuse dans la filmographie de Roschdy Zem, les propositions se sont souvent enchaînées si bien qu’aujourd’hui il figure parmi la petite poignée d’acteurs français d’origine arabe qui tourne régulièrement. Indigènes venait tout juste de sortir, qu’il était à nouveau à l’affiche de La Californie de Jacques Fieschi pour lequel il a pris l’accent serbe.
Aujourd’hui même si sa mine boudeuse, son allure d’athlète et son air faussement désabusé ne s’absentent jamais bien longtemps des écrans des salles obscures, Roschdy Zem s’est aussi laissé tenter par l’écriture et la réalisation. Mauvaise foi est le premier film où il porte la casquette de réalisateur et scénariste. Ce qui ne l’empêche pas de s’octroyer le premier rôle aux côtés de Cécile de France dans cette comédie qui «traite d’un sujet sérieux, la place de la religion au sein d’un couple mixte, avec humour et légèreté». Verdict, à la sortie, le 6 décembre.

 

 

 

 


Fadwa Miadi
(23/11/2006)

 

 

 

 

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