Guillotines à Paris et à Tunis

 

Guillotines à  Paris et à Tunis
Lafif Lakdhar

Lafif Lakdhar est un intellectuel tunisien qui vit à Paris dans des conditions très précaires et qui est aujourd’hui souffrant. Selon le site de Nahdha, Dr Maqrizi ne serait qu’un pseudonyme pris par l’intellectuel tunisien. M. Lakdhar, qui a toujours eu le courage d’assumer ses idées, s’en défend et appelle à une expertise qui montrerait que le livre incriminé n’est pas de lui. Dans un texte publié sur le site meadeleasttransparent, M. Lakdhar appelle les intellectuels et les hommes libres du monde entier à le soutenir contre la fatwa du cheikh Rached Ghanouchi contre les menaces de «la pieuvre païenne».
Aujourd’hui, un mouvement de soutien international à M. Lakdhar est déclenché.
La campagne menée contre l’intellectuel tunisien n’a pas épargné d’autres personnalités accusées d’apostasie. La Tunisienne Raja Ben Slama, universitaire de grande envergure mise à l’index pour ses idées, est quant elle attaquée sur un registre moral. Des annonces à caractère pornographique sont publiées en son nom. Et la potence est promise à l’une et à l’autre. On nous promet deux guillotines: l’une à Tunis, place de la République, et l’autre à Paris aux Champs Elysées, peut-être.
Dans la préface de son ouvrage sur l’enseignement religieux, Lafif Lakdhar, souffrant, écrit:
«Moi qui écrivais en moyenne 7000 mots par semaine, me voici incapable de signer un chèque». Cette confession se trouve reprise dans le texte du mouvement du cheikh Rached Ghanouchi qui se réjouit de la maladie de M. Lakdhar et l’attribue au châtiment divin. On peut lire sur le site fondamentaliste: «A peine a-t-il achevé son livre, l’auteur a été frappé d’une maladie rare qui a paralysé les doigts de sa main droite et qui s’étend maintenant à tout son corps le rendant entièrement incapable de bouger et même de faire ses besoins. Ce qui est curieux dans l’affaire, c’est qu’un chef d’état maghrébin connu pour ses attaques contre l’islam, lui a versé une pension et a mis à sa disposition une infirmière et un secrétaire…» Les intellectuels de sa mouvance, soutenus par l’association arabe de défense des libertés de presse et de la liberté d’opinion, ont appelé les autorités françaises à assurer la sécurité de l’intellectuel tunisien. Et la crainte est réelle que Londres ne se transforme en capitale de l’inquisition. Malade, pauvre, sans protection, M. Lakdhar est une victime trop facile pour Al Nahdha.
Adresse de Lafif Lakdhar: lafifl@yaho Jalel El Gharbi

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