Retrouvailles

D'abord Rencontres marocaines, il se transforme, au cours de sa onzième session en festival méditerranéen sur la demande de plusieurs cinéastes et cinéphiles
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Reha Ardam
Aujourd'hui, il est organisé par la fondation du même nom, présidée par l'ancien ministre de la communication M Mohamed Nabil Ben Abdallah et dirigé par l'infatigable Ahmed Housni. Cette année, les responsables s'enorgueillissent de leur performance : plus de 120 films, cinq salles mobilisées, deux cents invités dont 120 étrangers, plusieurs hommages, un rendu au cinéaste turc Reha Ardam et quatre à des acteurs (le syrien Ayman Zaydan, l'Egyptien de Mahmoud Abdelziz, la marocain Mohamed Bestaoui, et l'italienne Claudia Cardinale), un colloque, des ateliers etc...

Après le cinéma africain, asiatique et latino-américain, me voici, à une semaine de distance, happé par le cinéma méditerranéen. Les images des films vus à Milan n'ont pas encore pris place dans ma mémoire que celles de Tétouan m'assaillissent déjà. Je me dis que je trouverai bien le moyen de mettre de l'ordre dans tout cela aussitôt rentré à Tunis. La difficulté de circulation des films dans mon pays fait que la pression est plus grande. Un festival permet de découvrir, d'avoir un premier contact avec les oeuvres. Les critiques qui viennent des pays où il existe un vrai marché attendent la sortie des films pour «écrire», pour avoir un avis, pour se faire une idée. Ce n'est pas mon cas, ni celui de mes collègues. D'où le désarroi d'une « critique » qui oscille entre un impressionnisme journalistique d'une grande légèreté et un académisme desséché et souvent mortifère. Et dans l'un et l'autre cas, la personne du critique prend une place plus importante que le film, absent du marché, inexistant. C'est ce vide qui laisse la place au ressentiment. Je vais donc à Tétouan affrontant la double hantise de l'oubli et de l'impertinence. Je dois en plus être à la hauteur de l'attente des organisateurs puisque je suis invité au festival pour intervenir dans un colloque et présider une séance. Sur la critique justement.

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Claudia Cardinale
À l'aéroport Charles de Gaulle Etoile, je retrouve mon ami Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque de Paris qui s'apprête à prendre le même avion. Je savais qu'il intervenait lui aussi dans le colloque mais ignorais qu'il prenait le même vol. je suis très content de le retrouver. La dernière fois qu'on s'est vu c'était il y a un an à Estoril dans un colloque également sur la critique organisé par Jean-Michel Frodon. Le hasard ne peut pas mieux faire.
A Tanger, un chauffeur vient nous chercher. Chacun est déposé dans son hôtel. Nous sommes logés dans la région touristique à une demi-heure de la ville. C'est, malheureusement, le grand inconvénient du festival. Il faut tous les jours faire deux fois la navette pour le déjeûner et le dîner alors qu'il aurait été tellement plus simple et plus sympathique d'habiter plus près des salles situées toutes au centre d'une ville extrêmement agréable. Il semble que cela n'ait pas été possible. A l'hôtel, je retrouve mon ami Ahmed Boughaba critique de cinéma marocain. Il m'explique tout. Sachant l'intérêt que je porte à La Cinémathèque de Tanger, et ayant appris que Toubiana voulait aussi la visiter, il prend rendez-vous avec la direction. Le lendemain dimanche, un taxi viendra nous chercher.

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Mohamed Ismail
Le soir, nous assistons à l'ouverture officielle dans la belle salle Al Teatro Espagnol. Après les discours officiels dont la longueur a été atténuée par l'agréable apparition de Claudia Cardinale, toujours affable, commence le film «Les Gars du bled» dernier film de Mohamed Ismail, cinéaste natif de Tétouan. Un film social sur le chomage des diplômés, un peu long et surtout mal projeté. La pellicule étant à l'étranger, les organisateurs se sont rabattus sur un dvd invisible. Le bourdonnement ne permet pas d'apprécier le film à sa juste valeur.

Tahar Chikaoui
(17/05/2010)

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