Le Maroc de YAE

  Le Maroc de YAE Elle s’appelle Mina L’Harrag pèse 1,5 gr et mesure tout juste 20 mm. Elle baigne encore dans la douce torpeur du ventre de sa mère qui a déjà donné huit filles à son mari. Tout ce beau monde s’entasse dans la pièce unique d’un bidonville casablancais et attend désespérément la naissance d’un garçon!
Mina n’est qu’une des cinquante Marocains et Marocaines dont Youssouf Youssouf Amine Elalamy dresse le portrait en lettres et en images dans Miniatures. Ce petit livre pas comme les autres «n’est pas un roman, ni un conte, ni même une histoire» prévient son auteur qui a déjà signé trois romans (Un marocain à New-York, Les Clandestins, Paris mon Bled) et un journal d’écrivain inspiré par les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Le Maroc de YAE Son dernier opus est un regard, donc forcément subjectif, qu’il jette sur ses compatriotes. Outre Mina, la cadette de cette galerie, on croise Abdelhay Mohammedi, dont le simple patronyme révèle déjà toute sa biographie. Ce lycéen pubère aspire à devenir un kamikaze et s’initie à ces heures perdues à la confection de bombes artisanales dans l’espoir de passer un jour à la télé.
On fait la connaissance de Naima, une péripatéticienne qui propose des tarifs réduits aux étudiants et pères de famille nombreuse. Sa grande magnanimité ne s’explique que par son impatience à ramasser le magot nécessaire pour que sa mère puisse se faire opérer de la cataracte.
Il y a aussi Boujemâa, ex-conteur sur la place Jamaâ El Fna, devenu gardien de cimetière qui raconte tous les soirs à ses «pensionnaires une histoire qui les laisse de marbre».
Dans le Maroc d’Elalamy, on croise bien d’autres personnages encore, tous plus désespérés et désespérants les uns que les autres. Tous mal dans leur peau, un brin schizo, loufoques et empêtrés dans leurs fantasmes et leurs frustrations. A peine esquissé, chacun de ses portraits s’achève aussitôt en laissant au lecteur un rire jaune en travers de la gorge. Fadwa Miadi

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