«Je voudrais vous raconter…»: Dalila Ennadre à la rencontre des femmes marocaines

 

«Je voudrais vous raconter…»: Dalila Ennadre à la rencontre des femmes marocaines
Du film Je voudrais vous raconter…

Anniversaire de l’entrée en vigueur du nouveau Code de la famille
Le nouveau Code de la famille marocain fête ses deux ans. Adopté à l'unanimité par la Chambre des députés le 16 janvier 2004 et entré officiellement en vigueur le 9 février 2004 par sa publication au Bulletin officiel. Encouragé par le jeune roi Mohamed VI qui a dû trancher les derniers points litigieux, le «moudawana» (Code de la famille) repose sur le principe d'égalité juridique entre hommes et femmes. Les Marocaines ne sont plus les mineures à vie qu'elles étaient sous l'ancienne législation. Affranchies de la tutelle de leur père et de leur frère, elles peuvent librement choisir leur époux (l'âge légal du mariage passe de 15 à 18 ans, comme pour les hommes), refuser la polygamie et demander le divorce ; elles ont la même responsabilité que leur conjoint dans la gestion de la famille et des droits quant au partage des biens ; la répudiation par le mari, que de nombreuses association de femmes aurait aimé voir purement et simplement supprimée, doit être autorisée par un tribunal et ne peut plus être orale. Ce nouveau texte de loi prévoit aussi la création de tribunaux de la famille. (cf. www.rfi.fr/actufr/evenements/ephemerides)

«Je voudrais vous raconter…»: Dalila Ennadre à la rencontre des femmes marocaines
Dalila Ennadre

Le film documentaire de Dalila Ennadre
Ce changement représente un énorme espoir pour 13 millions de marocaines. Mais près de 70% d’entre elles sont analphabètes et la plupart n’ont pas accès à l’information. Il est juste de se demander si elles pourront bénéficier des nouvelles lois alors qu’elles en ignorent toujours l'existence. Il est également équitable et juste de mettre en regard de ce mouvement d'émancipation la position des intégristes lesquels se sont jusque-là toujours farouchement opposés au changement et donc à l'évolution libératoire du statut de la femme. Autant d’interrogations qui sont d’une actualité brûlante au Maroc.
Dalila Ennadre a voulu rencontrer les principales protagonistes concernées. Ces femmes dont on parle tant, mais à qui on ne donne jamais la parole. Dans la lignée de plusieurs films sur les femmes, la réalisatrice s’immerge cette fois dans le quotidien de femmes marocaines de conditions différentes et qui représentent la majorité : paysannes, ouvrières, femmes des banlieues…
Le portrait croisé de ces femmes, sur le principe d’une journée “ type ”, du réveil au coucher, constitue le corps principal du film. Les différents récits s’entremêlent et racontent finalement une même histoire.
La projection sera suivie d'une rencontre avec la réalisatrice présente à cette occasion.
Cette soirée, pilotée par l’Institut Français de Meknès, est en tournée dans les Instituts Français de Tanger, de Fès, de Rabat, de Marrakech et d’Agadir. Rédaction Babelmed
(09/02/2006)

Related Posts

Quand l’histoire sert d’alibi au reniement

16/05/2005

Quand l’histoire sert d’alibi au reniementOn n’a pas besoin d’être un intellectuel engagé (au sens sartrien) pour avoir une haute idée de la liberté et des droits de l’individu, pour s’émouvoir devant le spectacle de l’injustice ou l’exercice de l’arbitraire.

Entretien avec Mohamed Darif, politologue et sociologue

06/03/2010

Entretien avec Mohamed Darif,  politologue et sociologueAu Maroc, selon Mohamed Darif:«Les jeunes ne débattent pas de la religion parce qu’ils ne sont pas habitués à le faire».

Radicalisation Sud-Sud, l’Etat marocain serait-il raciste?

08/09/2008

Radicalisation Sud-Sud,  l’Etat marocain serait-il raciste?Pour les milliers de Subsahariens qui affluent au Maroc depuis la frontière algérienne, le royaume n’est qu’une station de transit avant de rejoindre l’Europe, ultime étape d’un voyage périlleux. Un transit qui risque bien des fois de prendre des allures de terminus.(*)