Recettes contre l’oubli

  Recettes contre l’oubli Une belle initiative que celle de l’association Cimade: publier un livre de recettes orientales, celle des femmes palestiniennes réfugiées au Liban et reverser les bénéfices de sa vente au jardin d’enfant du camp de réfugiés de Borj El Barajneh, à Beyrouth.
Des plats comme le Mansaff, le taboulé, le poulet farci, le koubbé, les falafels sans oublier la pâtisserie, le cake tamal ou le basboussi… les secrets de cuisine de ces femmes sont ainsi divulguées et partagés. Mais ce livre «Recettes contre l’oubli» veux aussi évoquer, à travers l’univers savoureux des recettes palestiniennes, les récits des femmes réfugiées au Liban depuis 1948, année de la création de l’Etat d’Israël et de l’occupation des terres palestiniennes.

Un héritage culturel important
Pour ces femmes, la cuisine a un rôle extrêmement important: continuer à transmettre la culture palestinienne, rester liés à une terre quittée depuis plus de 50 ans. «La majorité d’entre elles, qui se trouve sans activité professionnelle reconnue, consacre beaucoup de temps et de soins à la préparation des repas. Bien souvent la cuisine dépasse son rôle fonctionnel pour se retrouver au cœur des relations sociales, familiales, et affectives», nous explique-t-on à la Cimade, dont la présence auprès des réfugiés au Liban est constante depuis les années cinquante.
«Le projet d’éditer un livre de cuisine est né au Liban en août 2002 avec l’association Najdeh, partenaire de la Cimade, qui offre aux réfugiés palestiniens depuis 1978 de nombreux services ayant pour objectifs de permettre à une partie de la population des camps, et notamment les femmes, d’avoir un emploi et d’être autosuffisants. L’association intervient dans différents domaines: jardins d’enfants, formation professionnelle, ateliers de broderies, aide à la création d’entreprise… La situation sociale et économique est extrêmement dure dans les camps, et les femmes sont particulièrement exposées. Mais en plus de leurs besoins vitaux, les femmes se battent aussi pour faire reconnaître leur dignité et leurs droits. C’est en tant que femme qu’elles veulent raconter leur situation et faire connaître leur difficile statut de réfugiée palestinienne.»

La question des réfugiés
La question de réfugiés est au centre des enjeux au proche Orient. Aujourd’hui près de 400.000 réfugiés palestiniens vivent au Liban. Contrairement aux Palestiniens vivant en Israël et dans les Territoires occupés, leur difficile situation est méconnue. Laissés à l’écart du processus de paix lancé par les accords d’Oslo, les réfugiés (en Syrie, au Liban, en Jordanie…) ont dû faire face ces dernières années à la baisse des moyens de l’UNRWA, l’Agence des réfugiés mise en place par l’ONU pour aider les populations réfugiés.
Lors des négociations, le gouvernement israélien exige régulièrement de l’Autorité palestinienne de renoncer au droit au retour des réfugiés. Plusieurs associations telles que SHAML à Ramallah travaillent et se battent pour que leurs droits soient reconnus. Antonia Naim

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