Le couloir des exilés

commun 270Un conflit est ouvert à propos de la liberté de circuler et de la possibilité pour chacun de trouver une place dans un monde commun.

Arrêtées par les murs et les législations protectionnistes des États-nations, des millions de personnes ne trouvent plus le lieu d’arrivée de leur voyage, et n’ont pas non plus d’autre ailleurs où aller pour se protéger, se reconstruire, revivre. Dans cet exil intérieur, de nouveaux lieux, « hétérotopiques », apparaissent, se développent et se fixent, et avec eux une nouvelle conception de l’étranger, celle de l’indésirable au monde. La frontière, le camp, la jungle ou le ghetto dessinent cette nouvelle topographie de l’étranger : un couloir des exilés se forme, où règnent l’exception, l’exclusion et l’extraterritorialité, mais où parfois des transformations sociales ont lieu, où la marge devient refuge, à nouveau habitable et même vivable. Sur le chaos du présent s’inventent des mondes à venir…

Face aux politiques de la peur et de l’enfermement, l’anthropologue Michel Agier défend une cosmopolitique de l’hospitalité, seule à même de fonder une « anthropologie-monde », qu’il conçoit comme une pensée des rencontres et des reconnaissances de l’autre, « avec le monde commun en tête ».

 

Michel Agier, est anthropologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et membre de l’Institut de recherche pour le développement. Il mène depuis dix ans des enquêtes sur les réfugiés et migrants dans le monde (Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire, Flammarion, 2008). De 2004 à 2009, il acoordonné Asiles, un vaste programme de recherches sur les réfugiés, sinistrés et clandestins dans le monde.

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