Les murs perdus d’El Seed

Portrait publié dans Inkyfada, magazine web tunisien créé par une équipe de journalistes, développeurs et graphistes (soutenu par Ebticar Media).

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El Seed, graffeur franco-tunisien, s’est fait connaître en Tunisie en graffant un verset du Coran sur le minaret d’une mosquée à Gabès. L’artiste, dont le travail appelle à la tolérance, a parcouru pendant quatre semaines la Tunisie et a laissé sa trace sur des lieux oubliés du paysage, qui ont une valeur émotionnelle ou historique pour la Tunisie.

//La carte des villes et villages parcourus par El Seed. Crédit: Livre Lost Walls.

Un graffiti à moitié effacé à coups de pierre : l’œuvre du graffeur El Seed sur le site de Star Wars à Onk el Jmel n’a pas été du goût de tous. « On m’a fait pas mal de commentaires sur le fait que j’avais vandalisé le lieu… Mais finalement le fait qu’ils aient eux-même tenté d’effacer le tag, c’est aussi une manière de se réapproprier l’œuvre et le lieu. » Dans son livre Lost Walls, qui retrace son parcours en Tunisie, un mois sur la route, El Seed explique qu’il trouve « offensant qu’on limite notre héritage culturel au site de Star Wars ». Pour lui, la valeur de la région ne se limite pas seulement à cet endroit et c’est en dessinant sur le site qu’il s’est réapproprié cet espace et son histoire. 

Si l’initiative n’ a pas plu à tous, la démarche d’El Seed a le mérite de déterrer des trésors perdus de Tunisie, comme une maison de pierre ocre abandonnée depuis des années au milieu d’un paysage désertique, ou encore la mosquée de Jara à Gabès où El Seed a peint sur le minaret mi-2012.

De Tataouine aux îles de Kerkennah, El Seed est également allé trouver des murs solitaires au milieu de nulle part comme à Jérissa, ancienne ville minière. La ville dont la mine de fer était exploitée par les Français a connu ses heures de gloire pendant un temps jusqu’à sombrer dans l’oubli. « Des structures de fer sont encore présentes dans la ville. Elles inspirent une certaine nostalgie, comme si le temps s’était arrêté. On y raconte même que le fer aurait servi aux bases de la tour Eiffel », commente le graffeur.

 

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Lilia Blaise / inkyfada

12/09/2014

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