«Azimut» d’Aurélien Bory, Théâtre du Rond-point des Champs-Elysées

C’est à Tanger qu’Aurélien Bory crée Taoub, en 2005, donnant ainsi naissance au Groupe Acrobatique de Tanger et à la première écriture contemporaine d’acrobatie marocaine. Il aborde le théâtre par le « renouvellement à la forme » et « en laissant de la place à l’imaginaire pour le spectateur ». Ses spectacles sont présentés dans le monde entier et font la joie de tous. Les applaudissements qu’ils déclenchent traduisent les émotions ressenties.

C’est aussi l’illustration de sa dernière création «Azimut», actuellement à l’affiche au Théâtre du Rond-point des Champs-Elysées à Paris, jusqu’au 29 juin 2014.

Pour lui, l’azimut est d’abord une mesure physique, les lois qui découlent de cet univers inspirent son travail. Il pousse l’investigation jusqu’à prendre au mot l’étymologie du mot qui vient de l’arabe As’samt, signifiant le chemin. De là, à penser qu’Azimut emprunte et invente les chemins possibles, il n’y a qu’un pas …..

//© photo Aglaé Bory

 

Des corps, des corps, des corps…                                                              

Cela commence par un meddah- conteur, vêtu de la traditionnelle djellaba-manteau à capuche, qui joue de l’instrument à cordes pincées par excellence des gnawwas, le guenbri, distillant rythmes répétitifs et envoûtants. On l’imagine allant de villes en villes, de villages en villages pour informer de son passage, afin de divertir et de soigner les populations.

Ce qui frappe, ce sont les corps du groupe, des corps jeunes, pleins de vitalité, formés aux figures, des corps qui s’élancent, des corps qui en veulent, qui s’élancent de plus en plus vite avec leurs tee-shirts de toutes les couleurs. Et puis, on ne voit plus que la roue que font ces corps comme un parasol qui tourne, ou un derviche avec sa tanoura-jupe multicolore.

Il y a aussi les pyramides humaines, les acrobaties, le jeu du clair-obscur, ils se balancent dans le vide, ils sont foule, ils deviennent un seul corps, ils se fondent en un seul corps entre les jeux de voile en fond de scène, c’est la mer, c’est le vent, c’est le souffle humain….La présence de lignes médianes, bissectrices, carrés, rectangles, corps incrustés au mur dans des postures assises ou accroupies, ou fœtales, allongés au plafond comme en apesanteur, décollées par l’énergie de la lumière…

Et enfin ces chants magnifiques, chants arabes et berbères du fin fond de leur histoire, a capella comme la chanson de fin de l’une des deux filles qui commence par « Lbareh ounaya qualb hzin……hier j’étais triste, une étoile s’est penchée, où est ton sourire ?....» répété à l’envi comme une berceuse pour les grands enfants que nous sommes !

Le groupe acrobatique, formé à l’initiative de Sanae El Kamouni en 2003, est composé de 11 hommes et de 2 femmes. Il vient de Tanger ville baignée de la culture des zaouias et de leur maître spirituel issue d'une confrérie mystique où les gnawwas apprennent une multitude de choses, des prières, de la méditation, à jouer d’un instrument et à soulager par la musique tous les maux possibles.

La bande – son est aussi importante que la lumière qui jouent la partition de la douceur et de la bienveillance.

Aurélien Bory est artiste associé au Grand T, Théâtre de Loire-Atlantique à Nantes et artiste invité du TNT, Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées.

 


 

Djalila Dechache

www.cie111.com

 

 

 

 

 

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