Diwane, la musique gnaoua d’Algérie

//Gaâda Diwan Bechar

Le festival national de musique diwane de Bechar (sud-ouest) vient de fermer ses portes laissant place aux préparatifs de la version internationale prévue en août prochain à Alger. Ce genre, appelé gnaoui au Maroc, diwane en Algérie, ou stambali en Tunisie, et venu du cœur de l’Afrique, a gagné depuis plus d’une décennie ses lettres de noblesse et a séduit princes du jazz américain et rois de la du pop ou de la techno.

En 2013 au festival international de la musique diwane d’Alger, Archie Shepp le célèbre saxophoniste afro-américain dans un concert a aboli les frontières entre jazz et blues et sonorités africaines. Le diwane a longtemps été associé en Algérie à un style mystique basé sur des chants incantatoires accompagnés de gumbri, tambour et karkabou.

diwane 212Le gumbri algérien, instrument traditionnel et emblématique de cette musique, est constitué d'un manche en bois avec deux chevilles, ses deux cordes sont faites à partir du crin de cheval tandis que la caissede résonance est constituée d'une carapace de tortue avec une table de résonance faite avec une peau tendue. Le tout décoré de cauries ou coquillages.

Si aujourd’hui ses troupes remplissent les salles de concert, leurs aînées ont pendant des décennies sillonné les villes pour se produire dans les rue et dans des cérémonies de transe. Affublées de noms plutôt péjoratifs de « karkabou », « babasalem » ou « diwane el salhine » par les citadins du Nord, ces hommes noirs perpétuant les chants et danses de leurs ancêtres esclaves animaient les rues en période de fêtes religieuses avec leurs costumes traditionnels et leurs amulettes.

Mais c’est dans les années 1990 que le patrimoine diwane sort réellement du cercle des initiés, grâce à Gaâda Diwan Bechar et à la fusion de diwan, reggae, et raï du groupe Gnawa diffusion, créé en France au milieu des années 1990. Depuis, plusieurs formations musicales dont certaines féminines ont vu le jour, comme la troupe féminine Kerktou de Hasna El Bécharia, premières femmes à jouer du gumbri. Avec leur formation, Ouled Bambra d’Alger, elles reproduisent sur scène la tradition du diwan avec entrée en procession et chorégraphies koyo.

//Ouled Bambra d’Alger

 

Le diwane ou gnaoui doit sa renaissance à ses maîtres ou maâlems gnaoua qui ont propulsé le genre sur la scène internationale aux côtés d’artistes comme Carlos Santana, Led Zeppelin, Randy Weston, Pink Floyd, Cat Stevens, Jimmy Hendrix et bien d’autres encore .

 


Ghania Khelifi

16/06/2014

 

 

 https://www.youtube.com/watch?v=w10AvbfD_fo

 



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