Shakespeare plus que jamais….

//William ShakespeareL'année 2014 marque le 450ème anniversaire de la naissance de William Shakespeare. En France, Ariane Mnouchkine donne en ce moment un très beau Macbeth à la Cartoucherie de Vincennes.

Peter Brook, grand amoureux de Shakespeare, a écrit un très beau livre de réflexions inspirées du grand dramaturge portant le titre « La qualité du pardon, The quality of mercy ». Dans cet ouvrage de référence, plusieurs créations sont évoquées et plus particulièrement La Tempête, pour laquelle il a dit par ailleurs : La Tempête affirme d'une manière exceptionnelle des valeurs dont nous manquons le plus, la tolérance, la compassion, la miséricorde », assertion que l'on peut élargir à l'œuvre entière de Shakespeare.

À Toulon en janvier de cette année, la compagnie théâtrale tunisienne Artistes Producteurs Associés, son metteur en scène Lotfi Achour et les comédiennes Anissa Daoud et Jawhar Basti, ont créé une adaptation libre et contemporaine, en arabe tunisien sur-titré en anglais, de Macbeth de Shakespeare, prenant en toile de fond Leyla et Zine el-Abidine Ben Ali et leur pratique sordide du pouvoir.

En mars, un roi Lear de 13 ans voit le jour dans le désert de Jordanie, où se trouve un camp de réfugiés syriens, avec à leur tête le metteur en scène Nawwar Bulbul qui tente de « recréer leur enfance détruite par la guerre et de raviver les rires et la joie chez les enfants pour les aider à s’exprimer ». Avec cette histoire de souverain trahi par ses filles, il y a matière à réfléchir.

En avril, au Théâtre régional de Skikda en Algérie, le metteur en scène Djamel Guermi, accompagné du scénographe Brahim Khelil, a crée un Macbeth qui a été bien reçu par ses pairs.

En juin, lors de l'émission Café-Théâtre de la télévision tunisienne, le célèbre comédien Hicham Rostom a évoqué parcours, souvenirs et projets ; en 2010 il s'apprêtait à mettre en scène Le roi Lear jusqu'à ce que le printemps arabe n'entre en scène.

Pour l'Egypte, Moustapha Safouan quant à lui, a traduit Othello en langue vernaculaire et ce dès 1959.

In fine, de plus en plus d'écrivains du Proche-Orient s'exprimant en langue anglaise s'approprient Shakespeare et le théorisent.

Tout cela fait, bien entendu, événement. Il faut le dire et le répéter comme un écho qui vient de loin à travers l’humanité et qui est aujourd'hui, à la portée des sociétés arabe de plus en plus déterminées à s’emparer de leur destin, y compris sur la place des théâtres.

 


 

Djalila Dechache

09/07/2014

 

 

 

 

 

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