L’Boulevard, l’incontournable rendez-vous des musiques urbaines au Maroc

boule 250boultekIls sont enfin de retour ! Toute l’équipe du festival s’affaire à organiser la conférence de presse. L’annonce est de taille : L’Boulevard des jeunes musiciens revient après deux années d’absence.

Momo, Hicham, Chadwane, Layal, Marlène, Leïla… sont tous là. Ce sont d’abord des liens d’amitié qui ont permis à cet événement musical d’exister et c’est aussi grâce à ces mêmes attaches qu’il continue de vivre. En quatorze ans de vie musicale, il y eut des séparations, des départs, des retours aussi mais jamais de ressentiment.

C’est que L’boulevard ne fonctionne pas comme les autres événements musicaux au Maroc : Ici, on ne connaît pas de hiérarchie, on croit au travail de groupe et ça marche !

Si L’Boulevard ne s’est jamais fait dans l’aisance, il n’a jamais cédé à la facilité non plus.

« L’boulevard ne fait pas de l’argent, il fait de la musique », répètent Momo et Hicham à qui veulent bien les entendre, « Ici, on fait des artistes et non pas des stars » se défendent-ils, parfois jusqu’au fanatisme. Ce duo complémentaire à deux caractères bien trempés et différents, se bat depuis quatorze ans pour maintenir en vie ce festival atypique dans le paysage musical marocain. L’équipe dynamique et déjantée, ne cède pas d’un iota sur son indépendance allant jusqu’à perdre de gros sponsors…

Et c’est bien à cette échelle que se mesure l’événement.

Même si L’Boulevard s’est éclipsé pendant deux années, l’équipe n’a jamais cessé de travailler. Depuis trois ans, elle s’est installée au Boultek. Un sous sol transformé depuis en un véritable vivier culturel. Bénéficiant d’un don royal de deux millions de dirhams, la bande d’amis a équipé le lieu de véritables studios de répétition où défilent à longueur de journées de jeunes formations musicales. Cette année, à l’occasion de cette quatorzième édition, un nouveau né est arrivé dans la famille L’Boulevard : la web radio où l’on a pu écouter les concerts en direct et de superbes interviews musicales signées, Hicham Bajjou.

 

//Le groupe H KayeneDe nouveaux groupes et des nouvelles tendances musicales

L’Boulevard revient après deux années de silence en toute confiance. Pas de grosse campagne de communication, seulement une conférence de presse très « cool » où l’on a retrouvé les houariate et leur polyrythmie endiablée dans les jardins du stade C.O.C à Casablanca. Si L’Boulevard ne fait pas de tapage médiatique c’est parce qu’il n’en a pas besoin. Son nom est indissociable de la scène urbaine marocaine. N’est-ce pas dans ces voyages musicaux que l’on a pu découvrir  pour la première fois: le rappeur Bigg, le groupe H Kayene, Fnaïre ou encore les Zanka flow …pour ne citer que ceux là !

Hip Hop, fusion, Rock ou reggae, L’Boulevard est le seul événement musical au Maroc créé par l’impulsion de jeunes pour dévoiler au grand jour ce qui se fait dans l’intimité. Et la découverte est de taille ! Ce festival est l’expression même du mouvement Nayda au Maroc. Cette movida marocaine qui porte en elle le renouveau et l’action de la jeunesse.

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Du 13 au 15 septembre dernier, 23 formations ont concouru lors du weekend tremplin dans les trois catégories : Rock/ Métal, hip hop et fusion, On a vu revivre la fabrique culturelle des anciens abattoirs de Casablanca. Ce lieu-mémoire de la capitale économique, témoin de son histoire à l’architecture art déco mélangée au style néo-mauresque construit au début des années 20 et menacé de destruction. L’Boulevard est l’un des rares événements qui fait revivre l’imposante bâtisse pour empêcher une nouvelle mutilation dans le patrimoine architectural de la ville.

boule 300abattLes groupes gagnants ont pu non seulement se produire sur la scène du L’boulevard 2013 mais bénéficieront chacun de l’enregistrement de deux titres dans des conditions professionnelles et d’un encadrement au Boultek ainsi que d’une somme d’argent variant entre : 10 000 DH ( 1000 euros) et 3000 DH (300 euros)

Ce festival découvreur de talents est un véritable révélateur des tendances musicales urbaines marocaines. Cette année le Rock était à l’honneur. « Nous avons de très bons groupes Rock », se réjouit Momo. La relève semble assurée.

Le deuxième weekend musical a été marqué par la présence de formations bien plus connues comme le groupe suédois, Dark Tranquility, The Herbaliser, le tribute africain rendu à Bob Marley grâce au groupe Bob Maghrib…Des têtes d’affiche mais aussi des musiciens en herbe ou encore d’heureuses découvertes telles Mad Sheer Khan et son électro hypnotique. La clôture très attendue s’est faite en présence d’un Rachid Taha inoxydable.

 


 

Amira-Géhanne Khalfallah

14/11/2013

 

 

 

 

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