Au Maroc on ne badine pas avec l’amour adolescent

Ils ont 15 ans et ils s'aiment. Naturellement comme beaucoup de jeunes de leur âge à travers le monde, ils ont posté sur Facebook une photo d'un baiser échangé devant leur collège. Une photo qu'ils voulaient partager sur le réseau social avec leurs amis. Sur d'autres clichés, on les voit poser bras dessus, bras dessous tout sourire devant l'objectif de leur camarade.

Pour cette photo d'un baiser, les deux adolescents et le collégien photographe ont été détenus le 4 octobre dans un centre fermé pour mineur à Nador, une ville réputée conservatrice du nord-est du Maroc. Les jeunes ont été libérés trois jours plus tard après une mobilisation massive des réseaux sociaux et blogueurs marocains.

 //Les adolescents ont posté leur photo sur le réseau social © Facebook - 2013 / DR

 

Emprisonnés pour un baiser public

Le procès s'est ouvert aujourd’hui. La jeune fille s'est déplacée avec sa mère mais les deux garçons - l'amoureux et le photographe - sont arrivés en retard. L'audience a immédiatement été ajournée au 22 novembre prochain. Le temps selon un avocat de faire une enquête sociale. Les deux ados risquent au moins deux ans de prison pour "atteinte à la pudeur publique commise par un mineur."

Pierre Vermeren, historien était l’invité d’Angélique Bouin dans le journal de 18h. La tolérance des Marocains est bien plus grande que les textes juridiques très anciens.

http://www.franceinter.fr/depeche-au-maroc-on-ne-badine-pas-avec-lamour-adolescent

A l'origine de cette affaire, une association locale qui a repéré la photo sur les réseaux sociaux. Elle assure avoir été alertée par des parents choqués et s'en est émue auprès du procureur du roi qui a fait arrêter les trois jeunes quelques jours plus tard.

 

Mobilisation exceptionnelle sur internet

Dès leur incarcération, les trois adolescents ont reçu un large soutien des réseaux sociaux. Une pétition "Un bisou n'est pas un crime" et une page Facebook ont été créées demandant leur libération. Elle compte pour l'heure plus de 11.000 soutiens, essentiellement de jeunes Marocains. L'affaire a également été largement relayée sur Twitter sous deux mots dièses #FreeBoussa ("baisers libres") et #BoussaGate et par des blogueurs. Une mobilisation qui aurait conduit à la libération des trois jeunes.

boussa 545bis 

 

 

14/10/2013

 
 
 
 

 

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