Entretien avec Najat Razi, membre du Collectif «Printemps de la dignité»

 

//Najat RaziNous pensons qu’il y a tout simplement une absence de volonté politique pour la promotion des droits des femmes au Maroc. Et ce malgré la volonté affichée par le sommet de l’Etat et l’esprit de la Constitution de 2011.

 

 


 

« Il n’y a pas de volonté politique de promouvoir les droits des femmes. »

 

Pouvez-vous nous parler du mémorandum appelant à la révision du Code pénal marocain ?

Le mémorandum est le fruit d’un travail de collaboration entre des légistes et l’ensemble de la famille des féministes et des défenseurs des droits humains afin que le document soit l’expression des revendications des femmes de ce pays. En mars 2013, nous avons rendu public un dossier plus large pour la réforme de tout le système judiciaire marocain. Pour ce qui est du mémorandum de juillet 2011, nous l’avons envoyé aux différents groupes parlementaires, aux ministres, aux partis politiques, à la présidence du Parlement, à la chambre des Conseillers et au Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Nous avons eu des réunions avec toutes ces parties, à commencer par le ministère de la Justice.

 

Pourtant, presque rien n’a été fait depuis…

Il est vrai qu’il n’y a pas eu de résultats tangibles. Nous pensons qu’il y a tout simplement une absence de volonté politique pour la promotion des droits des femmes au Maroc. Et ce malgré la volonté affichée par le sommet de l’Etat et l’esprit de la Constitution de 2011.

 

Y-a-t-il des actions menées de concert avec les autres pays du Sud de la Méditerranée ?

Nous faisons bien sur partie de coalitions régionales et le mouvement des femmes a toujours travaillé dans ce sens-là. On fait partie par exemple de la coalition « Egalité sans réserves » qui compte plusieurs pays de la zone Mena dont l’Egypte, la Tunisie et Bahreïn.

 

Pensez-vous que le Maroc peut jouer le rôle de locomotive pour le reste des pays arabes pour ce qui est des droits des femmes ?

Nous avons récemment participé à la 57ème session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies à New York. Nous avons enregistré en tant que mouvement féministe marocain, la présence très importante des forces conservatrices, composées essentiellement des pays arabes et islamiques. Ces pays forment des coalitions avec les forces conservatrices de l’Europe et des Etats-Unis afin de bloquer des résolutions allant dans le sens de l’émancipation des femmes. L’Etat marocain ne fait rien pour montrer sa différence, parce que cette affaire est loin de constituer une priorité dans son agenda.

 


 

Propos recueillis par Hicham Houdaïfa

25/03/2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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