«La revue Souffles 1966-1973. Espoirs de révolution culturelle au Maroc» de Kenza Sefrioui

souf_280Créée à Rabat en mars 1966 par un petit groupe de jeunes poètes d’expression française, Souffles a été, tout au long de ses sept années d’existence, une tribune singulière dans le paysage de la presse marocaine, en évoluant du laboratoire d’écriture, où les lecteurs découvrirent notamment Tahar Ben Jelloun ou Mohammed Khaïr- Eddine, à l’engagement culturel et politique.

Avec son projet de restructuration de la culture nationale, elle a porté un véritable mouvement littéraire et intellectuel, avant de devenir la tribune du mouvement marxiste-léniniste.
Disparue en 1972, après l’arrestation d’Abdellatif Laâbi et d’Abraham Serfati, son histoire, retracée au travers des textes et des témoignages de ses contributeurs, montre que sa vision moderniste et progressiste invitait à des questionnements toujours d’actualité.

« Cette revue, écrit Abdellatif Laâbi dans la préface, qui aurait pu vivre la vie tranquille d’un cénacle de poètes et d’artistes... a réussi, elle, en une série d’avancées de la conscience, à opérer deux ruptures essentielles : l’une dans le champ culturel et esthétique, l’autre dans le champ politique... »

 


 

souf_130Kenza Sefrioui, née à Paris en 1979, est journaliste et critique littéraire. Responsable pendant cinq ans de la rubrique littéraire du magazine marocain Le Journal hebdomadaire, elle collabore aujourd’hui notamment au site des cultures méditerranéennes Babelmed, et milite pour le développement culturel au Maroc.

De sa thèse de doctorat en littérature comparée consacrée à Souffles, elle donne aujourd’hui une étude rigoureuse en même temps qu’un récit passionnant qui plonge le lecteur au cœur de la revue et de ses engagements «ardents».

 


 

20/03/2013

 

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