La dame de Damas

«C’est une guerre civile Martelait le tyran De sa voix haut perchée De bourreau négligent Le concert des nations Endossa le postiche Remplissez les charniers On ne prête qu’aux riches…» Poème écrit par Jean-Pierre Filiu et récité par Sapho.

 

 


 

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Je suis né sous le père

J’ai grandi sous le fils

J’ai dû chanter leur gloire

J’ai enduré leurs vices

Jamais de jamais je

N’aurais cru voir leur fin

Jamais de jamais je

N’aurais cru vivre enfin

 

Ce fut une longue nuit

Longue de quarante ans

Ce fut l’ère du mensonge

Le règne des brigands

J’ai perdu mes amis

J’ai langui mes parents

J’ai ruminé ma peine

J’ai enterré l’instant

 

La dame de Damas s’est levée ce matin

Liberté dans les cœurs, aube à portée de main

 

Ce ne sont pas des lions

Ce ne sont que des chiens

Aboyeurs enragés

Ivres de leur venin

La Syrie leur est due

Et nous sommes leurs serfs

Un pays aux Assad

Et pour nous la misère

 

Nous n’étions que deux cents

Quand le mur est tombé

Le mur de cette peur

Longtemps accumulée

Un cri de nos poitrines

En écho a vibré

Nous ne voulons que Dieu

Syrie et liberté

 

La dame de Damas s’est levée ce matin

Liberté dans les cœurs, aube à portée de main

 

C’était au mois de mars

Deux mille onze est l’année

Nous n’étions que deux cents

Sur nous ils ont tiré

Cette armée surarmée

Ne sait qu’est la pitié

D’un vendredi à l’autre

Nous devînmes des milliers

 

Il portait un couffin

Vers la ville assiégée

Les marches étaient de paix

En rameaux d’oliviers

Il n’avait que treize ans

Ils l’ont défiguré

Hamza est son prénom

De toute éternité

 

La dame de Damas s’est levée ce matin

Liberté dans les cœurs, aube à portée de main

 

C’est une guerre civile

Martelait le tyran

De sa voix haut perchée

De bourreau négligent

Le concert des nations

Endossa le postiche

Remplissez les charniers

On ne prête qu’aux riches

 

Les mots pâlissent face

A ce fracas d’horreur

Carnages et maisonnées

Emportées avant l’heure

Gare aux dénonciateurs

Frémit chaque Syrien

Les fantômes torturent

Au nom d’Assad ou rien

 

La dame de Damas s’est levée ce matin

Liberté dans les cœurs, aube à portée de main

 

Abandonnés du monde

Nos larmes étaient de sang

Toujours porter le deuil

Râles jetés au vent

Pourtant oui tenir bon

Résister résister

Peu à peu progresser

Et l’étau desserrer

 

Mais tout a une fin

Même la barbarie

Nous en tremblons le jour

Nous en rêvons la nuit

Dans leur haine sans fond

Ils veulent nous plonger

Nous serons plus forts qu’eux

Nous saurons pardonner

 

La dame de Damas s’est levée ce matin

Liberté dans les cœurs, aube à portée de main

 

Cette dame je la chante, c’est la Révolution

Sur les murs de Syrie j’écris partout son nom

 

 


 

Jean-Pierre Filiu

Janvier 2013

 

 

 

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