La situation en Tunisie

L’appréciation du contexte tunisien est nécessaire. Un Forum social mondial

n’est pas organisé par rapport aux situations internes, mais il ne peut s’en

désintéresser et chaque FSM a eu un impact sur la situation politique

interne des mouvements sociaux.

Cette interrogation est très forte en Tunisie où la situation est relativement instable.

Elle ne paraît pas pour l¹instant remettre en cause la sécurité nécessaire à la tenue du

FSM. Les différents courants intéressés par le FSM ont aussi affirmé que

celui-ci ne serait pas un enjeu des luttes entre les tendances et un espace

d¹affrontements sur les questions internes à la Tunisie.

Le Secrétariat Tunisien du FSM 2013 s¹inscrit dans le Comité de suivi du

Forum social maghrébin qui en élargit l’assise. Ces mouvements tunisiens

représentent une base large inscrite dans la société civile tunisienne. Une

des questions posées est celle de l¹organisation d¹un forum inclusif

permettant à tous les courants défendant des positions compatibles avec la

Charte des principes du FSM d¹y participer. Pour que le forum ne soit pas

exclusif, il faut laisser jouer la diversité en l’élargissant aux mouvements

qui peuvent naître de l’évolution de l¹islam politique.

La question de la sécurité du Forum est souvent posée. Cette interrogation

est très forte en Tunisie où la situation est instable. Il y a actuellement

quatre pôles en confrontation : le pôle aujourd’hui majoritaire avec un

groupe dominant, Ennahda dont la qualification va de « frère musulman » à «

islamiste modéré » ; le pôle des partis de la gauche laïque dans lequel

malgré sa fragmentation on retrouve les principaux organisateurs du forum ;

le pôle conservateur traditionnel qui regroupe des forces de l’ancien régime

et qui reste influent dans la police et l’administration ; le pôle dit des «

salafistes » qualifié aussi de « islamiste radical », minoritaire, mais très

organisé et déterminé. Cette configuration est propice aux provocations ;

chaque incident fait exploser l¹ensemble. Pour autant, il y a une forme de

stabilité relative dans la mesure où aucun pôle ne peut imposer son

hégémonie et où la société reste très mobilisée. Après chaque affrontement,

on revient à une situation d¹équilibre. Pour l’instant, la sécurité

nécessaire à la tenue du FSM n’est pas remise en cause ; bien qu¹il n’y ait

évidemment pas de situation avec un « risque zéro. Il y a aussi un accord

pour que le FSM conserve sa dimension mondiale et ne soit pas un enjeu des

luttes entre les tendances et un espace d¹affrontements sur les questions

internes à la Tunisie.

 


 

*Gustave Massiah est représentant du CRID au Conseil International du FSM



 

 





 

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